NILS, scintillante trilogie écologique !

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Avez-vous déjà imaginé le pire concernant notre avenir sur Terre ? Sûrement mais jamais cette version : les plantes ne poussent plus, les animaux ainsi que les êtres humains ne donnent plus naissance. La nature se serait-elle arrêtée ?

~ En résumé ~

Nils et son père partent alors à la recherche de réponses et d’une terre enfin fertile dans le but de sauver leur village. Ils rencontrent ainsi ces êtres lumineux, les âmes de la nature qui le guident jusqu’à un royaume voisin à la technologie avancée… Guidés par les dieux, leur quête va rapidement prendre une tournure dangereuse et les mener plus loin qu’ils ne l’avaient prévu. Mais la guerre est proche et le monde ravagé par cette région aux soldats-robots redoutables. Une odyssée écologique qui pioche son inspiration dans les nombreuses œuvres de l’illustre Miyazaki et la mythologie nordique.

~ Tome 1 – Les élémentaires

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Cette quête folle et dangereuse va conduire le père et son fils unique aux confins du réel. La révélation est rude : des hommes sont à l’œuvre et ils sont prêts à rompre l’équilibre du monde.

Jérôme Hamon (très talentueux scénariste des séries de jeunesse Dreams Factory, Emma et Capucine, entre autre) édifie un univers détenant une juste dose d’originalité. L’histoire, très riche, ressemble de près à une fable écologique au charme incontestable. Il s’attarde d’une manière suffisante sur ses personnages et prend le temps d’installer l’ambiance. Il apporte ce qu’il faut d’action comme d’éléments de réflexion pour intéresser et immerger au cœur de son intrigue. 

~ Tome 2 – Cyan ~

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Dans ce second tome, l’ambiance s’assombrit et le rythme s’accélère avec des protagonistes profondément en colère qui décident enfin de sortir de leur immobilisme. Il est temps de précipiter les choses ! L’Apocalypse est proche…

La déesse Skuld partage avec ses sœurs sa dernière vision : un terrifiant présage où Yggdrasil, l’arbre de vie, est aux prises avec des tentacules de métal qui le déracinent et le détrônent. Le terrible royaume de Cyan détruit tout sur son passage et seuls deux enfants, Nils et Arun, peuvent faire barrage. Ils filent contre le temps sur le lac de glace qui doit les amener face au maître de la vie et de la nature. Aussi vacillante que l’équilibre du monde, l’entente entre les divinités se dégrade.

~ Tome 3 – L’Arbre de vie ~

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Dans ce tome conclusif, Nils détient à présent le pouvoir de l’omniscience et de la téléportation. L’esprit de la déesse Verdandi le guide, avec la conviction qu’il est celui qui sauvera les neuf mondes de la colère de la déesse Skuld, sa soeur, en plus du royaume de Cyan.

Après une lutte sans merci, le destin de l’humanité pourrait bien être scellé. Skuld réalisera-t-elle que ses choix ne sont finalement pas différents de ceux des Hommes ?

Quand métaphysique, magie et science s’entrechoquent, quel peut être le dénouement ?

 

~ La magie du graphisme ~

Les couvertures sont absolument sublimes, n’est-ce pas ? Vous n’avez pas tout lu vu, le meilleur se découvre à l’intérieur ! Ouvrons-les ensemble pour mieux cerner la portée graphique de ces œuvres qui réinventent avec intelligence, justesse et onirisme l’Héroïc Fantasy.

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Ce livre-objet est à lire et à rouvrir pour le contempler sans modération.

Le dessinateur Antoine Carrion (Temudjin, L’ombre blanche : séries fantastique) poursuit son travail impeccable, propre et précis. Le graphisme captive par ses jeux de lumières, les cadrages et les décors propulsent le lecteur dans un univers unique. L’envoûtante ambiance gris-bleutée, rehaussée de quelques touches de carmin et d’éclats blancs lumineux, joue un rôle indéniable dans la séduction visuelle qui atteint son apogée dans les pleines pages puissantes et impressionnantes.

~ En conclusion ~

Que de louanges pour cette série qui, d’une rêverie fascinante glisse insensiblement vers un cauchemar magnifique. Me concernant, il s’agit de l’une des plus belles réussites de la collection Métamorphose (Les Carnets de Cerise, Buck, Les Ogres-Dieux...) des éditions Soleil, spécialiste des contes et des histoires pleines de poésie, de magie et bien plus encore !

Mémoire, souvenir, équilibre entre le monde des vivants et des morts, une histoire intrigante par le biais de questions métaphysiques et existentielles où l’on suit le destin extraordinaire d’un jeune homme ordinaire.

Grand et sincère coup de cœur pour cette magnifique série nous transportant au cœur des croyances nordiques à la rencontre de petits êtres de la forêt dignes d’un Princesse Mononoké. 

~ Les mots de la fin ~

 Citation : « Vivre sans espoir c’est cesser de vivre » – Fiodor Dostoïevski

En 3 mots : Lumineux – Original – Hypnotique

Sandy


Fiche d’identité de chaque épisode : 

  • Tome 1 – Les élémentaires, publication 05/2016, 14,95€, cartonné, éditions Soleil, ISBN : 978-2-302-04848-5
  • Tome 2 – Cyan, publication 10/2017, 14,95€, cartonné, éditions Soleil, ISBN : 978-2-302-06491-1
  • Tome 3 – L’Arbre de vie, publication 11/2018, 14,95€, cartonné, éditions Soleil, ISBN : 978-2-302-07157-5

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Immaculée, une histoire pure et bouleversante

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Mina est une jeune adolescente modèle : elle excelle à l’école, toutes les jeunes filles jalousent son petit ami et tout le monde lui prédit un avenir prometteur. Sa vie est réglée comme du papier à musique. Sauf qu’un soir, pendant son service au café, elle fait la rencontre d’une étrange dame. Cette inconnue connait son nom. Elle lui parle que le temps du changement est arrivé. Elle lui dit qu’elle fera tout pour la protéger, elle et son bébé. Mina l’écoute par politesse, mais elle est confuse par les propos de cette personne. En rentrant chez elle, elle tente de l’oublier mais sa curiosité la démange. Qui était-ce cette dame ? Comment se faisait-il qu’elle la connaisse ? La vie reprend son cours, jusqu’au jour où prise de nausées, Mina se rend compte qu’elle est enceinte! Un seul détail, et pas des moindres, elle est toujours vierge. Lire la suite

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles

« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. »

Ne pas juger un livre à sa couverture…

Ce roman n’aurait normalement pas atterris entre mes mains, ce n’est pas le type de livre qui m’intéresse a priori, le synopsis me laissait perplexe, je n’aime pas la couverture, il est assez court et j’ai tendance à rentabiliser mes achats de livres en nombre de pages, il était totalement passé inaperçu pour moi et n’avait donc pas beaucoup de chance de se retrouver chez moi. Et pourtant, il a réussi à y parvenir, et heureusement ! L’avantage d’être entourée de gens aimants lire est qu’ils vous en recommandent, remerciements à mon grand-père en l’occurrence, qui m’a de surcroît prêté son exemplaire.

Les pages s’enchaînent trop vite, l’écriture est très agréable, toute en fluidité, ajouté au nombre de pages, aucun problème pour le finir, en quelques heures et d’une seule traite de mon côté. Ce livre est un roman d’amour dans le sens large du terme, l’amour d’un couple composé de deux êtres qu’on voudrait croiser pour qu’ils apportent du soleil dans nos vies, amour infini de parents envers leur enfant et réciproquement. Un amour fou de la vie et de tout ce qui la constitue, les amis, les bons moments, la joie… Le tout est recouvert de trois couches de folie douce qui sent bon « L’écume des jours » de Boris Vian, il y a pire comme modèle.

La perle cachée dans l’huître…

Le roman fait rire, sourire et battre le cœur, donne envie de participer à une de leurs soirées, il est plein d’inventivité, d’humour et de leur façon bien à eux d’aborder la vie moderne en faisant un pied de nez aux normes sociales et règles arbitraires régentant nos vies. On s’attache à eux en l’espace de quelques phrases. Il se teinte d’une autre couleur dans la deuxième partie, et réussi cependant à ne pas se raccrocher au wagon de la « normalité », les personnages ne savent pas et ne peuvent pas faire autrement qu’être dans leur monde et ils vont tout faire pour que le quotidien tienne dedans.

C’est un roman plein de poésie, il y a une forme de magie dans chaque idée tout en restant d’une simplicité enfantine, et ce n’est pas pour rien, en effet le narrateur du livre est l’enfant de nos héros,  l’histoire est donc vue, interprétée et rapportée par ses yeux et sa voix, à l’échelle de ses perceptions et de sa compréhension. Ce qui donne lieu à une drôle de vision des choses mais n’empêche pas de tout comprendre à la façon des adultes malgré tout. Les adultes du livre n’ont cependant pas besoin de leur fils pour amener leur folie à leur quotidien, l’univers correspond à leur enfant et à leur âme d’enfant. C’est beau et une prescription de ces quelques grammes de papier est un remède efficace à beaucoup de maux.

Pour conclure, je recommande ce roman d’amour au sens large à tout le monde, aucun public n’est à exclure, dîtes-vous que si ce n’est à priori pas votre type habituel de lecture il est si vite lu qu’il serait dommage de passer à côté de cette petite pépite.

Clémence

Ps: En prime nous pourrons bientôt voir l’histoire adaptée au cinéma!

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, Editions Folio, Parution mai 2017, 172 pages, 6,60euros

Noms d’oiseaux ! d’Isabelle Simler : découvrir des espèces d’oiseaux diverses et variées en s’amusant

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Diplômée de l’école des Arts populaires de Strasbourg, Isabelle Simler se consacre depuis 2012 principalement à la littérature jeunesse après avoir travaillé dans l’Animation en tant que réalisatrice, scénariste et illustratrice. Aujourd’hui, je vous présente son nouvel ouvrage à la fois bande-dessinée et documentaire qui se compose de trois parties à lire indépendamment. Bienvenue dans un monde peuplé d’oiseaux. Lire la suite

Ces jours qui disparaissent…

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Bonjour, je suis heureux de vous présenter un gros coup de cœur BD aujourd’hui : « Ces jours qui disparaissent » de Timothé le Boucher.

D’une grande originalité, poignant, on ne le lâche pas une seconde !  Un roman graphique devenu incontournable…

Imaginez qu’un être qui vous est totalement étranger prenne possession de votre corps un jour sur deux … Situation délicate que celle de faire cohabiter deux personnalités dans une seule enveloppe charnelle n’est-ce pas ?

Timothé le Boucher nous montre dans ce roman graphique toute la puissance de son imagination créatrice, une BD d’une grande justesse narrative et technique. Cette Bande dessinée s’inscrit dans l’ère du temps puisque s’intéressant aux questions de mémoire, de dissociation de la personnalité ou encore de schizophrénie dans une approche qui plaira au grand public.

Prix des libraires de l’année passée, elle deviendra à mon sens un classique… Mais seul l’avenir nous le dira…

Lubin vivait une vie simple…

Le personnage central de l’histoire se prénomme Lubin Marechal, il a la vingtaine et fleurte avec Gabrielle. Passionné par la danse il est considéré comme un acrobate de grand talent, il aime s’entraîner au sein de sa troupe de cirque. Un jour lors d’une de ses répétitions il fait une violente chute sur la tête, sans conséquence sur le moment, du moins c’est ce qu’il croît.

Mais la chute lui a causé d’énormes séquelles ; au fil des jours, il s’aperçoit que quelque chose ne va plus. Sa copine Gabrielle et son meilleur ami Léandre sont inquiets en effet cela fait plusieurs fois qu’il arrive en retard à l’entraînement et à des rendez-vous … Le patron du drugstore pour lequel il travaille prend la décision de le licencier car il ne vient qu’un jour sur deux. L’étrange comportement et l’éloignement de Lubin mettent du plomb dans l’aile de la relation qu’il entretient avec Gabrielle.

Lubin arrivera-t-il à cohabiter avec son double ?

Ce roman graphique nous tient en haleine du début jusqu’à la fin, nous ne sommes jamais au bout de nos surprises.  Mais revenons au début de l’histoire… Que se passe t-il ces fameux jours  pour lesquels il n’a aucun souvenir? Et bien une autre personnalité   vie elle aussi sa vie  dans son corps ? Farfelue, à la frontière du fantastique, cette idée forme l’originalité principale de l’œuvre. Comment Lubin peut-il communiquer avec son autre personnalité qui n’apparaît que le lendemain ? Et bien par vidéos enregistrées. Les deux personnalités ont des comportements antagonistes, l’un est naturellement attachant, timide, artiste quand l’autre est plus frivole, dur et prêt à tout pour atteindre ses objectifs. Un dilemme intervient rapidement, en effet le double décide de coucher avec une fille, ce qui ne plaît pas à Gabrielle. L’inévitable séparation pointe le bout de son nez … Se profile aussi un conflit avec son « autre moi » qui portera la tension à son comble…

Étude graphique

On entre dans le récit par trois doubles pages dénués de dialogues. Timothé le Boucher choisit là une entrée en matière particulière qui facilitera l’immersion dans une réalité qui se rapproche du monde actuel. Ces séquences viennent entrecouper le récit à plusieurs reprises. Concernant le choix des couleurs on aura des tons assez clairs, et les traits se rapproche de ceux d’albums jeunesses, cela ne nuit en rien la lecture tant l’intrigue psychologique est prenante. Le roman graphique est assez long, mais toujours bien rythmé du point de vue des strip. Les deux personnalités sont bien différenciées dans leurs dialogues, des phylactères sont soit en blanc soit en jaune…

 

Il s’agit là d’un beau cadeau pour les fêtes de fin d’année ! Une BD à mettre entre toutes les mains !

Ces jours qui disparaissent – Timothé le Boucher

ISBN 9782344013328

Comment voyager avec un saumon

Depuis quelques temps, je trouve que le sens des mots a une fâcheuse tendance à se perdre. J’ai le sentiment amer que la nuance et la tempérance n’ont plus assez de place dans le débat et les discussions; comme si la Culture devenait un champ de bataille où il faudrait pouvoir sentir dans quel sens le vent souffle avant de donner un avis quelconque sur une oeuvre littéraire donnée, puisque après tout nous sommes là pour ça, n’est ce pas ?

Avons nous perdu l’art de la discussion passionnée mais constructive ? Je ne le crois pas. Je crois simplement que nous avons acquis un goût trop prononcé de la simplicité ; la novlangue est insidieuse, et terriblement, affreusement efficace. Il est trop commun, aujourd’hui, de simplement lancer quelques mots pour donner son avis sur une question ou une oeuvre, des mots que tout le monde comprendra, sans nuance, pour exprimer aussi rapidement que possible ce qu’on ressent. « C’était génial », « c’était de la merde » sont plus communs dans notre langage que « c’était bien, mais ça manquait peut être de quelques efforts sur la forme. » « Cet auteur est nul » résonne plus souvent dans les salons que « Il a son public, je n’en fais juste pas partie. »

Il devient ardu d’exposer un avis complexe et construit, nous n’en avons simplement plus l’habitude. Pour preuve, je suis sûr que vous vous faites violence pour continuer à me lire, et surtout, vous vous demandez où je veux en venir, quel est le rapport avec ce titre.

Patience, je vous jure que ça arrive.

 

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Alors, je sais, la photo peut paraître bizarre. Mais je vous jure que ça fait sens. Lisez le, promis vous comprendrez.

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Into the wild


Voyage au bout de la solitude

Les grands espaces. Le calme impassible de la nature. La solitude, mais sans le caractère dramatique de la chose. Partir sans se retourner. Se retrouver seul et en apprendre plus sur soi et le monde qui nous entoure.  Apprécier le moment présent, cueillir les roses de la vie et se contenter de peu.

 Voilà les aspirations et motivations de Chris McCandless.

C’est pour trouver un sens à sa vie, peut-être même la paix intérieure en exutoire qu’il a décidé de tout plaquer et de partir et de partir à l’aventure. Partir à la découverte de monde mais également de lui-même. Un quête introspective rythmée par des rencontres. Car comme il l’a lui-même dit:

“HAPPINESS’ ONLY REAL EVEN WHEN SHARED”

C’est après l’obtention de son diplôme universitaire à la Faculté d’Emory, qu’il décide en 1992, de laisser derrière lui ce mode de vie consumériste qu’il méprise tant. A bord de sa Datsun il part pour un périple qui durera deux ans,pendant lequel il traversera le pays.

Rencontres après rencontres, il découvre le plaisir des choses simples, la récompense du travail accompli et son attrait pour les grands espaces.

Certains le qualifieront peut-être d’égoïste ou d’enfant gâté à la recherche de sensations fortes. Cependant Chris est un garçon très sain d’esprit, instruit et bien élevé qui connaît la valeur des choses. Issu d’une famille aisée,celui-ci n’a pourtant pas hésité à faire don de son héritage des associations caritatives avant de prendre le large.

C’est sans regret qu’il a laissé derrière lui tout le confort que procure une vie matérialiste, car voulant se rapprocher d’une vie plus saine, plus simple. 

« Mieux que l’amour, l’argent, la gloire,donnez-moi la vérité. Je me suis assis à une table où nourriture et vins riches étaient en abondance, et le service obséquieux, mais où n’étaient ni sincérité,ni vérité ; et c’est affamé que j’ai quitté l’inhospitalière maison »

Henry David Thoreau

D’Atlanta, en passant par Houston, Carthage et Seattle il finira son périple en Alaska, terre qu’il a toujours affectionnée.

Pendant ces deux années, il va côtoyer un agriculteur du Dakota du Sud pour qui il travaillera occasionnellement, et qui deviendra un véritable ami pour Chris.C’est en partie grâce à ses correspondances que John Krakauer a pu entreprendre la reconstitution du voyage de Chris.

En effet, notre Supertramp était quelqu’un d’attachant qui vivait toutes ses relations à fond : il était sincère, altruiste, solidaire et gentil. C’est en cela que chaque rencontre,chaque étape a été pour lui si importante.

Beaucoup d’auteurs ont inspiré Chris : Tolstoï, Thoreau en passant par Jack London.Il ne se séparait jamais d’eux, comme des repères le guidant dans son voyage.Chaque chapitre du livre commence avec une référence émanant de la plume de Chris, ou tirée d’un livre qui a compté pour lui et qui a eu une réelle signification.

Il est important de connaître les références de Chris pour pouvoir le cerner.

IL FAUT SAVOIR D’OÙ L’ON VIENT POUR COMPRENDRE QUI L’ON EST ET OÙ L’ON VA.

La fin tragique de ce jeune homme a fait polémique quant à ses aspirations d’aventurier et beaucoup de monde a jugé comme inconscient son manque de préparation. Cependant, ce n’est pas ce qui a été démontré par les recherches de Krakauer. Contrairement à beaucoup de victimes de la nature, Chris n’est pas mort du fait d’une mauvaise préparation au climat extrême conféré par l’Alaska. Il a réussi à survivre cent treize jours dans cette nature indomptée. Il se plaisait dans cette immensité, belle et rebelle, calme et impassible. Son voyage a été une expérience hors du commun et c’est grâce à son journal qu’il tenait régulièrement, que John a pu retracer à la fois son parcours mais également ses expériences et ses sentiments.

                                                     autoportrait de Chris McCandless, 1992

Tous les voyages ne forment pas la jeunesse…

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I. Juin 1944. Un jeune français de 17 ans est enrôlé dans la Waffen SS :

27 Juin 1944, la croix gammée flotte encore sur les grandes capitales européennes. Cependant depuis 1942 la situation a changé et l’Axe a perdu l’avantage face aux Alliés. À Stalingrad en février 1943 la Wehrmacht a définitivement vu son avancée vers l’est stoppée. Depuis les troupes de Staline déferlent sur l’Europe de l’Est en direction de Berlin. Sur les côtes normandes les forces américaines et britanniques ont commencé à débarquer leurs troupes depuis le 6 juin. En Italie Benito Mussolini déchu se terre dans le nord du pays au cœur d’un état fantoche protégé par la Ligne Gothique du Feldmarschall Kesserling. Pendant ce temps, la guerre fait rage dans le Pacifique où le Japon contrôle encore un vaste empire maritime. Mais avec l’écrasante victoire américaine des Mariannes et l’agonie de la marine impériale, le vent est sur le point de tourner pour l’Empire du Soleil désormais à portée de tir des bombardiers américains. C’est dans ce contexte, où tout va se jouer, que l’Allemagne nazie va intensifier ses crimes. À partir de février 1944 le Gauleiter du Rhin Supérieur, Robert Wagner, va offrir à Himmler les vies de deux-mille jeunes alsaciens de la classe 1926 pour venir grossir les rangs de ses Waffen SS. C’est là que débute le voyage de Marcel Grob…

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Pages 23 et 24 : Marcel et son camarade Antoine apprennent le sort qui attend les familles de ceux qui ne répondent pas à la convocation à Stralsund.

« J’ai terriblement froid monsieur le juge, un froid qu’on sent jusque dans les os. »

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