Amélie Plume à Mulhouse

La Bibliothèque Municipale de Mulhouse a inauguré ce mercredi 26 septembre 2018 le début de son cycle de Conférences dédiées aux auteurs helvétiques en invitant l’auteure francophone Amélie Plume.

Née à la Chaux-de-Fonds en 1943, Amélie Plume a fait des études de Lettres à Neuchâtel. Grande voyageuse, elle a vécu quelques années à New-York et à Montréal avant de s’établir à la fois à Genève et dans le Sud de la France. En 1981, elle se lance dans l’écriture et elle publie depuis de nombreux romans proches de l’autofiction :

Les Aventures de Plumette et de son premier amant (1981) ; En bas, tout en bas dans la plaine (1986) ; Marie-Mélina s’en va (1988) ; la mort des forêts, ni plus ni moins (1989) ; Promenade avec Emile L. (1992) ; Hélas nos chéris sont nos ennemis (1995) ; Ô qu’il est beau le jet d’eau (1995) ; … tous publiés aux Editions ZOE.

Amélie Plume décrit dans ses romans les affres et les extases de l’aventure amoureuse sans un once de drame.  À l’inverse, grâce à une langue orale et visuelle et un esprit jubilatoire, on rit avec elle de sa douleur. Son usage singulier des majuscules a été qualifié (à tort selon elle) de poétique alors que Catherine Safonoff le décrirait plutôt comme « des coups de gong qui scandent le récit comme on frappe du pied un tempo. »

Dans « Un voile de coton » (2018, aux Editions ZOE), elle revient à la Chaux-de-Fonds sur les traces de son enfance et se remémore sa relation avec sa mère faite d’amour, de mensonges et de non-dits par peur de l’autre. Elle déchire délicatement la ouate qui recouvre ses souvenirs d’enfance et pudiquement mais aussi avec humour, elle présente à son auditoire ce nid que toute mère construit pour ses enfants avec tout ce qu’il contient de tendre mais aussi de cruel.

Amélie Plume « Un voile de coton » 3 mai 2018 éditions ZOE 12,50 euros

 

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Les secrets et enchantements de la maison de poupée de la reine d’Angleterre

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« Il était une fois, une maison de poupée qui appartenait à une reine… » p.9

Et pas n’importe quelle reine ! En 1920, la petite reine Mary d’Angleterre eut la merveilleuse idée de faire édifier une maison de poupée géante ultramoderne, avec électricité, ascenseur, cuisine équipée, baignoire, bibliothèque etc. … Grandiose n’est-ce pas ?

Cet album vous délivre les secrets de cette maison atypique  ainsi qu’une belle et mystérieuse histoire de fantôme ; mais un fantôme inoffensif s’il vous plait !  Lire la suite

LA FRONTIERE DU LOUP

               LA FRONTIERE DU LOUP

                                   Sarah Hall

Dans « La Frontière du loup », le lecteur est plongé dans l’intimité de la vie de Rachel Cain. Britannique expatriée aux Etats Unis, célibataire, la trentaine passée, reconnue pour être la meilleure experte dans son domaine, Rachel se trouve à un tournant de sa vie confrontée à des choix qu’elle ne pensait pas un jour devoir faire.

Dans un climat de tension politique et sociale, en plein référendum pour l’indépendance de l’Ecosse, elle est sollicitée par l’excentrique comte d’Annerdale à mener le projet controversé de réintroduction du loup gris au coeur de la campagne anglaise.

Or, accepter, impliquerait pour Rachel non seulement de changer de mode de vie, celui de chercheur sur le terrain, coupé du monde au fin fond d’une réserve amérindienne, mais aussi de revenir sur les terres de son enfance et devoir renouer avec sa famille, sa mère Binny,  en fin de parcours de vie, avec laquelle elle a toujours eu un rapport conflictuel, un certain ressentiment, et son demi-frère cadet Lawrence, désormais un étranger pour elle.

Le choix est simple et évident pour Rachel. Jusqu’à ce qui communément est appelé un heureux événement ne vienne jeter le trouble sur les projets de vie et principes existentiels de Rachel.

Sarah Hall dresse ici avec son cinquième roman un parallèle entre l’animal et l’humain, et met en lumière les conflits qui nous habitent tous, où s’entrechoquent la part sauvage, le règne de nos pulsions dictées par nos besoins, cette volonté de liberté d’être soi et la nécessité de la socialisation, la pression des conventions.

Comment faire cohabiter la nature sauvage avec la nature apprivoisée ?

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Sarah Hall La Frontière du Loup

Au édition Christian Bourgois 25euro

Gilles Granget

LA FRONTIERE DU LOUP

 

AU PETIT BONHEUR LA CHANCE !

Au petit bonheur la chance

1968. Jean, 6 ans, se retrouve confié à sa grand-mère, Lucette, par sa mère, Marie. Cette-dernière vient de quitter son compagnon, et décide de partir à Paris pour commencer une nouvelle vie. Elle part seule pour la capitale et promet revenir chercher Jean une fois installée. En attendant, Jean reste chez Lucette, à la campagne, en Normandie. Cette situation, qui devait être temporaire, se prolonge : les semaines passent, puis les mois. Jean attend toujours sa maman, mais Marie ne revient pas.

Jean, enfant joyeux et plein d’énergie, vient chambouler la vie de cette grand-mère, pas toujours commode, et qui n’a plus l’habitude de vivre avec quelqu’un depuis la disparition de son mari. Tous deux vont se découvrir, apprendre à vivre ensemble et partager les petits bonheurs offerts par la vie. Un lien très fort va se tisser entre eux.

Au petit bonheur la chance ! est le 4ème roman d’Aurélie Valognes, romancière française. Elle nous livre ici, en toute simplicité, une belle histoire, tendre et optimiste, qui s’avère être aussi l’histoire romancée de son père.

L’auteur nous fait voyager dans le passé. Elle nous plonge dans la fin des années 60, dont elle peint le décor et la vie quotidienne avec grand soin. Elle dresse le portrait d’une société en plein bouleversement. Notamment par le biais de Marie, elle souligne le changement qui s’opère pour les femmes : elles veulent s’émanciper et faire leurs propres choix, dont celui de la maternité, et aspirent à une autre place que celle de la femme au foyer. Marie, était-elle victime de son époque ?

Le lecteur ne peut qu’être touché par les personnages de ce roman : ils sont drôles et attachants. Mémé Lucette a des remarques parfois dures, mais elle aime profondément son petit-fils. Elle n’a pas beaucoup de moyens, mais est prête à tout pour prendre soin de lui. Jean, bien sûr, petit bonhomme de 6 ans, bavard comme une pie, nous charme par ses questions et son regard innocent sur la vie. Nous le suivons avec émotion tout au long du roman, et le voyons grandir. Sans oublier Lucien le facteur, Anita la petite voisine, sa tante Françoise et les cousins, …Grâce à eux, bien que gardant toujours l’espoir du retour de sa mère, Jean se sent bien dans cette vie avec Lucette.

Ce livre est pour moi une très belle lecture : de la tendresse, de l’émotion, des rires. Du sourire jusque dans les titres des chapitres avec un joyeux éventail d’expressions de l’auteur. De la première à la dernière page, voici un vrai roman feel good !

Au petit bonheur la chance ! – Aurélie Valognes – Ed. Mazarine – 342 pages – 17,90€

Bonjour à toi cher automne 2018…

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Aussi loin que je m’en souvienne, l’automne est une saison que j’apprécie particulièrement. J’ajouterai même que c’est LA saison qui me fait vibrer. Pas vous ? Tenez… un bon chocolat chaud… Asseyez-vous, je vais vous expliquer !

Les paysages qui se parent de teintes orangées… Cette douceur automnale nostalgique des beaux jours… Cette ambiance paradoxale entre le souvenir encore chaud de l’été et la froide appréhension de l’hiver…

Toujours pas convaincus ?

Vous me dites pluie, grisaille et froid. Un point pour vous.

Mais je vous dis plaid, chocolat chaud (thé et café fonctionnent aussi) et livres !

Je vous présente, pour cela, deux sélections de mes livres préférés sur le thème de l’automne, pour petits et grands. Des classiques, un titre primé, une sortie en 2018 et des auteurs d’origines diverses pour notre plus grand plaisir !

Sélection livres jeunesse :

Ce sont deux livres que je conseillerai avec conviction aux parents, aux enseignants d’école primaire mais aussi aux généreux qui souhaiteraient offrir un classique sur cette belle saison qu’est l’automne.

2ème position : Le livre de l’automne, de Rotraut Susanne Berner (auteure allemande). Editions La joie de lire, 28/10/2005, 16 pages, cartonné, 15.90 euros.

Résumé : Après l’hiver, le printemps et l’été, c’est l’automne dans la petite ville. Tout le monde se retrouve sur la place principale lors d’un bal. Un concours de citrouilles est organisé au centre culturel. Les enfants inaugurent leur nouveau jardin d’enfants avec un grand défilé de lampions.

Ce que j’en ai pensé : Un album promenade de qualité, très coloré, qui fera pointer les petits doigts des apprentis lecteurs sur les images et leur permettra de se promener au gré de leur imagination. Un classique sur le thème que l’on peut encore retrouver dans sa librairie même 10 ans plus tard.

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1ère position : Le livre orange de l’automne, Hervé Le Goff et Sophie Coucharrière (auteurs français). Editions Flammarion Jeunesse, 08/09/12, 32 pages, 12,50 euros.

Résumé :  De la maison à la cour de l’école maternelle, de la cantine au jardin public, un petit garçon s’interroge. D’où viennent les nuages, comment fonctionne le thermomètre, pourquoi la pluie tombe-t-elle, quels sont ces drôles de légumes qui poussent dans le potager ?

Ce que j’en ai pensé : Un livre agréable à lire aux enfants et à faire découvrir aux plus curieux. Bon tremplin pour commencer une activité manuelle ou artistique sur ce thème. Nota bene : il existe les trois autres saisons dans la même collection.

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Sélection livres ado/adultes :

2ème position : Automne, de Jon McNaught (auteur de bandes-dessinées anglais). Editions Dargaud, 29/01/16, 64 pages, 14 euros, à partir de 16 ans.

Résumé : C’est un mardi gris d’octobre semblable à tant d’autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes : à la maison de retraite d’Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires ; le long de la rue Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde ; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s’envoler vers l’Afrique.

Post-lecture: Une œuvre aussi paradoxale que cet entre-deux de saisons. Les trajectoires des habitants se croisent pour nous laisser contempler le quotidien de gens ordinaires. L’un de mes coups de cœur de l’année 2016, c’est pour dire ! L’auteur a reçu le Prix Révélation d’Angoulême en 2013 pour cette BD (le Prix Révélation est un prix décerné au festival international de la bande dessinée d’Angoulême récompensant un premier album.)

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1ère position : La merveille imparfaite, d’Andrea de Carlo (auteur italien). Editions Pocket, 28/06/2018 (1ère publication sous format de roman broché en juin 2017), 416 pages, 7.90 euros.

Résumé : L’automne en Provence : une saison qui alterne les premiers froids de l’hiver et les dernières chaudes journées d’été. Un dernier événement va marquer la fin de cette saison : dans l’arrière-pays, un grand groupe de rock anglais, les Bebonkers, prépare un concert caritatif en l’honneur du troisième mariage de son chanteur, et très charismatique leader, Nick Cruickshank’s. 

Dans la petite ville de Fayence, Milena Migliari, une jeune Italienne, crée et réalise des glaces exceptionnelles avec une attention d’artiste. Elle a délaissé les hommes depuis longtemps et vit avec Viviane. Dans quelques jours, Milena va commencer, sans grande conviction, un traitement hormonal pour tenter d’avoir un enfant. Elle hésite à partager ses interrogations avec sa compagne, tout comme Nick, qui se demande depuis quand son histoire d’amour s’effiloche. C’est ainsi qu’une rock star anglaise et une jeune artisane italienne vont voir leur destin se croiser… et se jouer en trois journées très particulières

Post-lecture : Un véritable coup de cœur de l’été ! Une intrigue romancée qui fonctionne et ne me laisse pas dans l’ennui. J’avoue l’avoir lu sous la chaleur du soleil et déjà il m’avait donnée envie de vite arriver à l’automne ! De plus, le titre résume parfaitement l’automne je trouve.

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Vous voilà enfin convaincus ? Ah, vous m’en voyez ravie ! Avouez… Vous avez déjà lu au moins 1 livre sur l’automne, que ce soit il y a longtemps ou il y a quelques jours ? Dites-nous ! On aime découvrir de nouveaux titres et échanger nos impressions.

Un autre chocolat chaud ?


 

La lecture c’est comme les saisons, ce n’est pas prêt de s’arrêter.

 

Otto Gross, le grand oublié

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Otto Gross est né en Autriche en 1877. Fils unique de Hans Gross, père de la criminologie, Marie-Laure de Cazotte nous relate la seconde partie de sa vie sous la forme d’un roman biographique. Qualifié de génie par son père, qui passera pourtant sa vie à le poursuivre pour le museler, Otto veut faire exploser les limites d’une société patriarcale et moraliste dont son père est le garant. Neurologue, psychanalyste, anarchiste, végétarien et féministe, nous suivons cet esprit rebelle de 1900 à 1920, année de sa mort.

Dans cet ouvrage, nous suivons donc cet homme que l’on qualifierait d’en avance sur son temps et dont les convictions et les valeurs font écho à des questionnements actuels. Un siècle plus tard, de plus en plus de personnes se convertissent au végétarisme et au véganisme, sont féministes, s’interrogent sur leur sexualité et sur la notion de couple. Ces questions, qui ne sont donc pas nouvelles, ont été pensées et profondément intégrées dans la vie d’ Otto Gross. Cet homme de l’excès, ce « fou » qui a poussé ses idées jusqu’à leur paroxysme, qui s’est engagé corps et âme pour voir naître une société nouvelle.

Lire « Mon nom est Otto Gross », c’est traverser les asiles psychiatriques, y croiser patients en souffrance et psychiatres tout-puissants. C’est découvrir la communauté pré-hippie Monte Verità, peuplée d’artistes et de penseurs (Kandinsky, Martin Buber, Isadora Duncan). C’est partir à la rencontre d’intellectuel.le.s qui ont marqué leur temps en croisant Kropotkine, Egon Schiele, Hermann Hesse ou encore Sigmund Freud et Carl Gustav Jung. Mais c’est aussi sentir ce qui a pu se jouer artistiquement, idéologiquement et politiquement à l’aube de la grande guerre.

Étrangement, j’ai refermé le livre en me demandant « pourquoi avons-nous oublié Otto Gross? »

 » Il ne s’agit pas de folie, mais de conflit larvé, invisible, destructeur; d’un complexe collectif induisant des comportements qui n’appartiennent pas à la nature humaine. Dès sa naissance, le mâle apprend qu’il est voué à régner sur la femelle et la cellule familiale. Tout découle de ça: tout, tu m’entends, Gustav? Le malheur des hommes comme celui des femmes. Nous sommes régis par un principe de contradiction totale avec les aspirations individuelles, d’une force telle qu’il en arrive à nous faire croire à son essence humaine. » p.153

Justine

Mon nom est Otto Gross, Marie-Laure de Cazotte, Albin Michel, 2018, 352 pages, 20 euros.

« Et ils meurent tous les deux à la fin », vraiment ?

 

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 » Nous sommes au regret de vous informer que vous allez être frappé par une mort prématurée dans les prochaines vingt-quatre heures. Toute l’équipe de Death-Cast est sincèrement désolée de vous perdre. Vivez pleinement cette journée, ok ? « 

Le 5 septembre, un peu après minuit, Mateo et Rufus reçoivent chacun le funeste appel. Ils ne se connaissent pas, mais cherchent tous deux à se faire un nouvel ami en ce jour final. Heureusement, il existe aussi une appli pour ça, Le Dernier Ami. Grâce à elle, Rufus et Mateo vont se rencontrer pour une ultime grande aventure : vivre toute une vie en une seule journée.

« […] Peut-être qu’il vaut mieux avoir bien fait les choses et avoir été heureux pendant une journée plutôt que d’avoir mal vécu toute une vie. »

Une très belle surprise

Je ne connais l’auteur que de nom, n’ayant pas encore lu d’autres ouvrages de lui. Mais j’étais vraiment curieuse de découvrir sa plume et le résumé m’intriguait, donc je me suis lancée.

Je n’attendais pas grand chose de ce roman, outre un bon moment de lecture, et au final c’est un coup de cœur. Le truc avec ce roman, c’est qu’il s’immisce lentement et imperceptiblement dans notre cœur, dans notre tête.

Lorsque j’ai commencé Et ils meurent tous les deux à la fin, j’appréciais ma lecture, bien qu’un peu longue sur le début, mais en le finissant, pas un instant je n’ai douté que c’était un coup de cœur. Ce livre ces personnages, tout s’était logé au plus profond de mon cœur, et finir ce livre a été un déchirement tant j’étais imprégné par ce livre.

« Nous vous informons que vous allez mourir durant les prochaines vingt-quatre heures »

Alors certes, comme je l’ai dit plus haut, le début est, je trouve, un tantinet long car l’histoire se met lentement en place, le temps d’introniser les personnages et de placer l’univers dystopique créé par l’auteur. C’est un point que j’ai aimé et trouvé intéressant, le fait que l’on sache le jour de sa mort sans en connaître l’heure, ça emmène des réflexions pertinentes et intéressantes sur notre rapport à la mort notamment. Est-ce que vous aimeriez savoir quand vous allez mourir ? Que feriez-vous,en sachant cela, des quelques heures qu’ils vous restent ? C’est un univers vraiment intéressant et bien pensé par l’auteur, j’ai beaucoup aimé cet aspect là du roman.

Pour en revenir au roman …

L’histoire est vraiment intéressante et profonde, amenant une réflexion par delà le texte de fiction comme dit précédemment, et on s’attache aux personnages, qui sont bouleversants. Cette relation qu’ils construisent, d’heure en heure, de minute en minute est tellement belle, simple et touchante. Ils ne se connaissent pas au début de la journée, tout se fait en douceur dans cette relation et en même temps si vite, dû au contexte un peu funeste de leur journée, mais je trouve qu’il y a une certaine pudeur dans cette relation et c’est juste très beau.

Je suis tombée amoureuse tout doucement, au fil des pages, de ce roman magnifique, de ces personnages terriblement humains. Un joli coup de cœur, qui contrairement à ce que le titre pourrait insinuer, n’est en rien glauque, mais au contraire, est une belle ode à la vie, à l’amitié, à l’amour …

Anaïs

Et ils meurent tous les deux à la fin – Adam Silvera – Collection R chez Robert Laffont, publié le 24 mai 2018, 406 pages, 17.90€

« Obscurcia », un chapitre de rêve au pays des cauchemars

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Samedi dernier, j’ai lu Obscurcia… J’en ai pris plein les yeux.

Posons, tout d’abord, les bases de cette série onirique en trois tomes :

Le scénario de cette bande-dessinée jeunesse est assurée par David Boriau, qui n’est autre que l’auteur du manga Double.Me sous le pseudo Miki Makasu, associé pour l’occasion à l’illustrateur belge Steven Dhondt (Red Rider ou encore Boy). Mais ce n’est pas tout, car il s’agit d’un trio ! En effet, Yoann Guillo est aussi de la partie en tant que coloriste (Largo Winch). Une équipe de choc qui ne démérite pas sa réputation avec ce nouveau projet.

Interloquée par la couverture énigmatique, j’ai directement lu le synopsis qui n’a fait qu’attiser ma curiosité de lectrice , voyez par vous-même :

« Alex a 12 ans. Il fait beaucoup de cauchemars. Peut-être parce que sa mère est internée. Peut-être parce que son père est lui aussi souvent absent. Mais peu importe, c’est à lui de s’occuper et de prendre soin de sa petite sœur, Nina. Il vivait paisiblement jusqu’à ce jour où, au retour de l’école, un malencontreux accident entraine la mort de leur chatte, Croquette. Mais celle-ci réapparait le soir même dans la chambre d’Alex pour l’emporter dans le monde étrange d’Obscurcia, la terre des cauchemars.

Obscurcia, c’est l’histoire d’une quête dans un monde peuplé de souvenirs, de monstres gigantesques et de doudous oubliés. »

Qui n’a jamais fait de cauchemars ? Qui n’a jamais eu peur de ne pas se réveiller et d’y rester coincé ? Qui n’a jamais été effrayé par ces « choses » inconnues qu’on ne peut contrôler ? C’est autour de la thématique du rêve que notre trio a travaillé pour nous apporter une vision aussi originale que profonde (qui ne sera pas sans vous rappeler le manga Dreamland, de Reno Lemaire).

Un univers plus dense qu’il n’y paraît

Vous trouverez cette BD au rayon jeunesse et pourtant elle s’adresse aussi à des adultes avec leur âme d’enfant, qui sauront lire entre les lignes et se souviendront de leurs nuits d’antan. Vous souvenez-vous de votre doudou quand vous aviez 4 ans ? Si ce n’est pas le cas, Obscurcia se fera un plaisir de vous le rappeler et ce n’est pas sûr que cela vous plaise. Les souvenirs que vous pensiez perdus continuent de vivre au-delà de votre conscient.

Un graphisme épuré et expressif

Si j’ai rapidement accroché à l’histoire, ma plus grande crainte était d’être déçue par le dessin une fois le livre ouvert et … surprise ! Le dessin est simpliste de prime abord mais n’en est pas moins poussé dans le choix de la mise en scène, que demander de plus ? La qualité du découpage est telle que j’ai vu défiler les pages comme un film d’animation… Quel plaisir !

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Extrait de la BD, pages 36-37 (scène de combat entre le héros et sa chatte Croquette).

Une colorisation aux petits oignons

Après les bases très solides déjà posées, c’est M.Guillo qui vient sublimer le travail de ses compères, en nous offrant des couleurs d’une grande justesse. Il a su créer une harmonie entre obscurité et lumière, cauchemar et rêve, réalité et imaginaire, tout cela au service de la narration. La première de couverture est une invitation à vous laisser emporter, vous aussi, dans ce monde qu’est Obscurcia.

Bravo aux artistes !

Vous l’avez compris, je pense, c’est un coup de cœur sans équivoque. S’il fallait chercher le petit défaut ? Oui, il y en a bien un. Il va falloir attendre le chapitre 2 !

Le rêve c’est cette destinée à s’échapper du réel.

Sandy.

Obscurcia – Boriau, Dhondt, Guillo – éditions Delcourt – 103 pages – 15,95€


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