La diagonale des jours ; Une correspondance dessinée

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  Côte d’Armor le 2 novembre 1992.

Lundi après-midi. Il pleut. La mer est basse, silencieuse. le ciel est complètement gris.

J’écoute la pluie mêlée par moment à des rafales de vent. J’ai relu quelques passages de deux livres de Kerouac: « Big Sur » et « Satori à Paris ». Le 21 août 1960 au bord de l’océan pacifique en Californie, Jack Kerouac l’entendait lui, la mer.

Les premières lignes de cette correspondance particulière, puisque dessinée nous transporte dans le quotidien intime d’Edmond Baudoin et de Tanguy Dohollau deux dessinateurs bien différents.

J’ai été intrigué par cet ouvrage qui me faisait de l’œil dans mon rayon et j’ai décidé de le lire sans trop savoir pourquoi, certains livres vous attire et c’est comme ça.. Des correspondances littéraires, j’en avais lu un certain nombre, des correspondances dessinées, jamais, et quelle belle surprise ! Je découvre deux styles diamétralement opposés …

indexD’un côté Edmond Baudoin  qui est un dessinateur Français né à Nice en 1942, il débute  sa carrière chez Futuropolis puis travaillera pour Glénat, et fera de nombreuses collaborations, il est l’auteur d’une œuvre prolifique parmi lesquels : Couma aco, Le voyage ou Les quatre fleuves qui seront primés à Angoulême.

DohollauDe l’autre Tanguy Dohollau qui est un auteur français également et né à Saint-Brieuc en 1958, il est baigné dès son enfance dans un milieu artistique et décide faire des études  d’art plastique et une formation de paysagiste.Il accompagne depuis 1981 de nombreux éditeurs en tant qu’illustrateur dans les publications de revue, catalogue et autre livre. Il avait déjà publié une bande dessinée intitulée « Pas à pas l’écoute du silence » aux éditions des Ronds dans l’O, la correspondance est la deuxième.

Durant 20 années les deux hommes , qui sont de bons amis, vont s’échanger des dessins de leur vacances, de leur états du moments, de leurs lieux de résidence, et d’autres sujets plus sérieux concernant la réalité du monde. Cette correspondance débute au cour de l’année  1992 et se termine en 2018.

Deux atmosphères inspirantes que l’on découvre avec délectation

Une précision quasi-chirurgicale chez Dohollau, Baudouin, lui, révèle un coup de crayon plus fort, plus brut. La dynamique est bonne et le changement de focale astucieux, on peut palper toute l’imagination créatrice par le biais de gros plans, ce qui donne parfois  une émotion supplémentaire.

De plus j’ai pu apprécier les somptueux dessins sur la Mer qui procure une véritable envie d’évasion !

La correspondance est aussi ponctuée de citations de grands auteurs qui ont marqué la littérature, tel que Kerouac, Camus, Melville ou encore Shakespeare. On suit nos auteurs dans leurs voyages plus ou moins exotiques … de Nice à Paris et de Tokyo à Saint Brieuc…

Les thèmes abordés sont vastes et variés, tout en gardant une cohérence d’ensemble. On peux trouver  une discussion sur les martyres de la guerre de Bosnie ou encore une belle retranscription d’une rencontre de Baudouin avec l’abbé Pierre :

Après la prière je lui pose une question

Monsieur je n’avais jamais vu quelqu’un prier, vous êtes resté une demi- heure prostré que se passe t’il ?

Je suis en adoration

Je ne comprends pas qu’est ce que l’adoration

Vous avez déjà vu le regard d’un enfant ?

Oui

Je suis devant le regard d’un enfant

On trouvera également  une belle mise en lumière d’Aftab Amhad un jeune peintre pakistanais que Dohollau invita à Saint-Brieuc.

Ce qui m’a touché

La simplicité de la correspondance m’a touché, les auteurs parlent au grè de leur inspiration sans à priori, ils racontent le paysage qui les entoure, une nature sublimé par leur crayons émerge du papier. De plus on découvre les pensées qu’ils portent sur leur famille ce qui nous rapproche un peu plus d’eux.

Une correspondance aux accents philosophiques et poétiques, deux ingrédients essentiels pour que je puisse m’attacher à une œuvre sont  réunis ici, pour être poète il faut avoir beaucoup observé disait Rilke et on sent bien au travers des dessins tout le travail d’observation et l’émotion qui nous traverse de part en part.

Rien au monde n’est plus beau qu’une femme

 

Bonne journée

Kévin

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Format broché à rabats : 22 x 29 cm
108 pages noir et blanc – Prix : 18,00 €
ISBN : 978-2-37418-055-7
EAN : 9782374180557

https://www.desrondsdanslo.com/Diagonale.html

Tanguy Dohollau serait actuellement en préparation d’un ouvrage sur Anton Tchékhov dans un format récit graphique… à suivre…

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