Vigile, un coup au cœur…

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Comment vous parler de Vigile sans me mettre à pleurer à nouveau ?

Comment vous décrire cette histoire, cette confession, à la fois si intime et magnifique ?

Comment vous donner envie de lire cette pépite, ce texte si bouleversant ?

De peur de mal retranscrire la beauté de ce texte, j’ai hésité à écrire cet article. Et puis je me suis dis qu’il serait dommage que vous ne le connaissiez pas, alors j’ai commencé à mettre des mots sur ce ressenti si particulier engendré par cette lecture.

Vigile, c’est l’histoire d’une femme. De l’autrice elle-même, il y a cinq ans.

D’une femme qui, une nuit, voit sa vie basculer : son compagnon est en train de faire une crise cardiaque. De toutes ses forces, elle le masse, lui insuffle l’air dont il a besoin pour rester en vie.

Le temps passe, les secours arrivent.

Et puis après, l’attente. La peur. Mais surtout, l’amour.

Vigile, c’est une histoire incroyablement touchante. Bouleversante. Une lecture rapide, qui, je le pense, marquera à jamais mon esprit.

Un texte duquel je suis sortie avec des larmes plein les joues.

Vigile, c’est une sublime déclaration d’amour. Une confession intime, belle, sans artifices au service d’une histoire à laquelle chacun de nous peut s’identifier.
La narratrice, que nous suivrons tout au long du récit, ne s’adresse qu’à son mari. Elle lui écrit, lui confie son ressenti, ses souvenirs de cet événement. Et malgré son anxiété, elle parvient à lui faire part de toute sa tendresse, sa sensibilité. Elle s’adresse à lui avec honnêteté, retraçant tout en intimité les moments marquants de leur histoire.

« Je sais que d’autres amoureuses ont fait la route avec toi, mais ce soir-là, tu n’es pas moins délicat, pas moins fier, de me présenter à tes parents. »

Un récit empli de solidarité, de force aussi. Celle de la narratrice, mais aussi celle de ses amis. Ces derniers étant constamment à ses cotés pour l’aider à affronter cette épreuve. Une très belle marque d’affection et de confiance qui contrebalance brillamment avec la dimension tragique dont se part l’ensemble de l’œuvre.

Et, là où la peur de l’avenir est omniprésente, elle se trouve balayée par l’amour et l’espoir. L’espoir de retrouver la personne qu’elle aime, de la serrer à nouveau dans ses bras. Cela, sans une once de naïveté, quant le texte aurait pu tomber dans un pathos presque attendu. Travers évité avec élégance au regard de la justesse avec laquelle Hyam Zaytoun s’exprime. Elle parvient en effet à nous faire part de ses émotions, nous faire ressentir l’angoisse comme au fil de ses mots, de sa superbe écriture de comédienne.

Écriture qui se veut, par ailleurs, très orale. Une succession de phrases courtes, de sauts à la ligne, emprunts du vécu théâtral de l’autrice. Une manière de poser les mots qui prend ici tout son sens, du fait de la volonté de Hyam Zaytoun de présenter ce texte comme une déclaration.

« Se donner la main en sortant d’un magasin.

Boire un chocolat chaud au café d’à coté, tous les quatre. Tous les quatre…

Je ne connaissais pas notre bonheur. »

Réel coup de cœur de cette rentrée littéraire, Vigile a su s’imposer à moi avec douceur, tout en parvenant à m’immerger dès les premières pages. Ces personnages, ces mots, cette ambiance et cette émotion… Tout en ce texte m’a conquise.

La narratrice, de par l’amour qu’elle déploie pour protéger ses proches comme son compagnon, m’a soufflée.. Ses sentiments comme ses réactions ont été pour moi source d’inspiration, et d’émotions. Une réelle justesse, tant dans le rapport des personnages les uns aux autres que dans leurs mots face à pareilles circonstances.

Un récit tout en justesse, d’une beauté rare.

Noémie


 

Vigile – Hyam Zaytoun

Editions Le Tripode

13€

128 pages

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DANGER : Risque d’addiction sévère !

GIANT DAYS C’EST JUSTE GÉNIAL !

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Le mois de janvier se termine, il fait gris et vous cherchez un moyen efficace de lutter contre la morosité ? Vous êtes cloué au lit par l’épidémie annuelle de grippe ? Vos études à l’université vous pèsent ces temps-ci ? Les jours ne sont pas toujours rose sur votre lieu de travail ? Vous sortez d’une rupture difficile ? Vous venez de perdre un être cher ? Vous cherchez tout simplement à passer un bon moment ? Qu’à cela ne tienne, je ne peux pas vous promettre vous tirer de votre état, mais je possède néanmoins entre les mains la petite chose en plus qui vous aider à retrouver le sourire au quotidien et à redécouvrir l’énergie  insoupçonnée qui sommeille au fond de vous. Cependant attention, la série qui suit possède un fort potentiel addictif, mais quoi qu’il en soit vous êtes prévenus ! 

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La poésie, personne n’en lit ?…

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En flânant dans une librairie, rayon poésie (il faut l’admettre, flâner dans le rayon poésie nécessite un peu de temps devant soi, que l’on veuille bien accorder… testez un jour de congé par exemple, c’est très plaisant!), je tombe nez à nez (ou plutôt face contre couverture) sur ce bouquin.
« La poésie, personne n’en lit », Marc Guimo, éditions la Boucherie littéraire.

Et bien, il est bien téméraire ce monsieur ! Avancer ainsi une sentence négative, affirmant dans cette négation que la poésie est délaissée de tous, dans cette simple maxime qui nous heurte : personne n’en lit. Comment ça ? Qui ? Et pourquoi d’ailleurs ?

Peu s’en faut pour oblitérer face à cette vérité : personne, c’est-à-dire nous, vous, toi, moi et eux. Cette phrases tombe comme un couperet sur votre petite morale d’amoureux de la littérature, tel un militant défendant les causes de l’environnement se voyant dire qu’il ne prend pas assez son vélo.

Il faut bien avouer, la poésie n’est pas en pile sur ma table de chevet. Pourtant la poésie, j’adore ça, et je suis sûre que vous aussi.

C’est là qu’on enfourche la vélo : bouquin en mains, on avance à tâtons d’abord. Ce petit format de livre intrigue, c’est rigolo tiens ! Et puis cette maison d’édition, « la Boucherie littéraire », collection « Sur le billot », quelle audace ! J’adore, j’adhère.

Mais pourquoi ne lit-on pas de poésie ?…

Marc Guimo tente, en vers libre et sur un ton très ironique, de nous en donner les raisons.
La quatrième de couverture, accrocheuse, fait sourire son lecteur et donne envie de dérouler les pages de ce petit livre (une quarantaine tout au plus) pour y trouver l’humour piquant qu’elle promet :

Je m’occuperais bien de toi
poésie

seulement si tu craches tes poumons
et envoies au casse-pipe
les formes avachies dans tes fauteuils
tu n’as plus tellement le choix
si tu veux échapper au musée
et au lourd destin du dentier dans un verre
il y a des gens qui veulent rire honnêtement
et ils t’ont montrée du doigt

En effet, « la poésie ne fait pas triper les foules » et pourtant, dès qu’on en lit quelques vers, on se sent transportés, changés, un peu plus remplis de vie.
Alors pourquoi tant de déni ?
Avez-vous remarqué que la poésie n’est pas mise en avant dans les rayons en librairie ?
Qu’on n’en parle plus par peur d’ennuyer ses amis ?
Qu’elle ne fait pas l’objet d’une diffusion folle dans la commercialisation, au niveau marketing, publicité et presse ?
Mais… Si c’était là une des clés ? En voilà un beau cercle vicieux. On n’en lit peu, affichons en peu, le moins possible, le moins visible, oui oui, tout petit, caché, sous la table. Mais à portée de mains pour les curieux !
C’est peut-être là le drame de la poésie : elle n’a pas la chance des romans étalés comme des publicités, dans leurs beaux atours et brillantes jaquettes, dont on parle à la télé, à la radio, dans la presse… Elle est, j’en ai bien peur, presque aux oubliettes. Tout ça par manque de « ça en jette ».
Qui en donnera la raison ?

Si l’on veut ramener la poésie au grand public
Si l’on veut
Que les gens normaux lisent de la poésie
On devrait vendre la poésie
Au même prix que les grands parfums
Et avec le même marketing
Et la même simulation érotique
Pourquoi ?
Parce que vous savez
Que tout est une question d’image
Et qu’un produit cher est fascinant
Même s’il est nul
Et se vend bien
Le nul se vend bien
Si le marketing n’est pas nul

Et puis, la poésie, qu’est-ce ?…

L’écrivain nous parle avec ironie de l’acte d’écrire, nécessitant des bonnes doses de cafés et des nuits d’insomnie, et risque une tentative de définition de la poésie, qui restera non aboutie, parce que la poésie c’est… c’est indéfinissable la poésie… c’est peut-être

Une secte sans marketing ni trésorier
Une secte contre le sectaire
Une secte pour insectes
La poésie c’est ce qu’on veut
Et ce qu’on ne veut pas
Surtout ce qu’on ne veut pas

et puis…

Dans le fond
tout poème est un avis de recherche

La recherche de la beauté, du choc, de la vie.
Mais pour exister, la poésie a besoin de nous, de notre soutien et de notre parti pris :
comment ne pas s’intéresser au plus profond et naturel cri de l’homme ?
Je vous le dis : il est grand temps de la soutenir un peu.

c’est le lecteur qui termine le poème
et un livre sorti d’usine n’est qu’un petit puceau
sur le chemin de la corruption
un livre dans les mains
de n’importe quel bénéficiaire
au-delà de vingt minutes
ça devient un bon coup

Lance toi, lis un peu de poésie, ça te changera de ton quotidien gris…. 🙂

un peu de séisme te ferait du bien

Le poésie, personne n’en lit ; Marc Guimo; La Boucherie littéraire; Sur le billot; mai 2018; 12€.

Justine M

L’engouement pour Angoulême !

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Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer à Angoulême du 23 au 27 janvier dernier ?

Et si je vous dis festival ? Et festival international ? Et festival international de la bande dessinée ?

Ah là, nous y sommes !

Eh oui… La 46ème édition s’est achevée dimanche et nous a offerts de belles surprises !

~ Revenons tout d’abord aux sources et au contexte :

Ce fameux festival est le principal de bande dessinée francophone et le 2ème plus important en Europe, selon les critères de notoriété et de fréquence, juste après le Lucca Comics & Games de Lucques, en Italie. Pour notre plus grand plaisir, il a eu lieu chaque année, au mois de janvier, durant 4 jours et ce, depuis 1974. Il associe rencontres, expositions, débats et diverses séances de dédicaces. Et là, ça devient encore plus croustillant puisque de nombreux prix sont décernés pour récompenser le travail d’artistes, dont le Grand Prix de la ville d’Angoulême, récompensant un auteur pour l’ensemble de son oeuvre, et le Fauve d’or, qui récompense un album paru l’année précédente. Mais il y en a encore pleins d’autres ! Voyons ensemble qui a eu l’honneur de recevoir un prix cette année et surtout lequel !

~ Palmarès du Festival d’Angoulême ~

Le Palmarès Officiel du Festival International de la Bande Dessinée a été révélé au théâtre d’Angoulême – Scène nationale samedi dernier, récompensant les meilleurs albums en langue française publiés entre le 1er décembre 2017 et le 30 novembre 2018 quels que soient le pays d’origine, à partir du moment qu’ils ont été diffusés dans les librairies des pays francophones.

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Le palmarès est constitué pas moins de 9 prix, dont 4 Fauves pour la Sélection officielle et le Grand Prix d’Angoulême. Les « Fauves d’Angoulême » ont été désignés par des jurys. Le Grand Jury, composé de Pénélope Bagieu, Pauline Croquet, Charlotte Le Bon, Dominique Goblet, Jérôme Briot, Edouard Fouré Caul-Futy et Augustin Trapenard, a attribué les prix suivants au sein de la sélection officielle :

ALERTE SUPER PROMO INFO : VOUS POUVEZ CLIQUER SUR CHAQUE TITRE CI-DESSOUS POUR DÉCOUVRIR LE RÉSUMÉ ET PLUS ENCORE !

 

~ Grand Prix du Festival d’Angoulême :

Mercredi 23 janvier, la Japonaise de 61 ans, Rumiko Takahashi, surnommée la « Princesse du manga » et auteure de Maison Ikkoku (Juliette je t’aime) et Ranma 1/2a reçu le 46ème Grand Prix du Festival d’Angoulême qui récompense un auteur pour sa contribution à l’évolution de la bande dessinée. L’an dernier, l’Américain Richard Corben a remporté le prix. Star de la bande dessinée underground, excellant dans l’horreur et la science-fiction, il a signé l’affiche du célèbre festival de la bande dessinée cette année.

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~ Le Fauve d’Or – Prix du Meilleur Album :

Ce prix distingue le meilleur album de l’année, quel que soit son genre, son style ou sa provenance géographique) : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres (petit lien sur le titre à découvrir, allez-y, cliquez et laissez-vous emporter 🙂 ) (ISBN : 979-1090724471) d’Emil Ferris aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Ce livre est une claque qu’il est bon de se prendre en tant que lecteur ! Si, si, croyez-moi.

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Regardez-moi cette beauté…

 

~ Le Fauve d’Angoulême – Prix Révélation

Ce prix récompense l’œuvre d’un auteur en début de parcours artistique : Ted, drôle de Coco (ISBN : 9782889230709), roman graphique indépendant d’Emilie Gleason, des éditions Atrabile. Une belle aventure à suivre de près !

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~ Le Fauve d’Angoulême – Prix Spécial du Jury :

Ce prix récompense un ouvrage pour ses qualités narratives, graphiques et/ou l’originalité de ses choix : Les Rigoles de Brecht Evens des éditions Actes Sud BD. Un récit choral autour des thèmes de la ville et de la fête : une pépite !

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Le Fauve d’Angoulême – Prix de la Série :

Ce prix récompense une oeuvre composée de plusieurs volumes, une trilogie, Dankser (ISBN : 978-2-917897-37-9) de Halfdan Pisket des éditions Presque Lune. Une oeuvre absolument sublime, du noir et blanc qui vous prennent aux tripes !

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~ Le Prix Canal BD

Ce prix décerné par le réseau de librairies indépendantes spécialisées en bande dessinée a été remis à  Nicolas Petrimaux pour son rugissant Il faut flinguer Ramirez (ISBN : 978-2344011881) aux éditions Glénat BD.  Il s’agit du 29ème prix Canal BD dont la vocation est de promouvoir la liberté aux auteurs.

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ET EN JEUNESSE ?

Chaque année, le Festival organise trois prix à destination des écoles, des collèges et des lycées récompensant un album par tranche d’âge, désignés par les élèves. Les albums sont sélectionnés pour leur intérêt pédagogique. Après un travail en classe, les élèves sont invités à sélectionner leur album préféré.

~ Le Fauve d’Angoulême – Prix Jeunesse

Ce prix récompense une oeuvre destinée au jeune public : Le Prince et la couturière (ISBN : 9782355743061) de l’auteure américaine Jen Wang, qui traite de la tolérance et de la différence. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire mais je l’ai vendu à une cliente il y a deux semaines et il est inscrit sur ma liste 😉

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~ Le Prix des Collèges :

Ce prix a été décerné au tome 1 La Brigade des cauchemars (le tome 2 est sorti fin 2018) (ISBN : 978-2822221603) aux éditions Jungle, dont le scénariste n’est autre que le romancier Franck Thilliez et Yomgui Dumont, l’illustrateur. C’est d’ailleurs l’un de mes coups de cœur en jeunesse, la preuve en image !

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~ Le Prix des Ecoles :

La boîte à musique (ISBN : 978-2800173191) de Carbone et Gijé, aux éditions Dupuis, s’est vu décerner le Prix des Écoles d’Angoulême 2019. C’est un album pour enfants (de 6 à 12 ans) sublime par son univers à part et ses couleurs qui réchauffent le cœur ! C’est évidemment l’un de mes coups de cœur, j’en ai tant mais lui est particulièrement en haut de la liste 🙂 Le tome 2 qui est sorti fin 2018 est tout autant une perle !

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J’espère que ces albums primés vous donneront envie de les découvrir, de les offrir et de les garder au chaud, rejoindre le reste de votre collection… Je prends plaisir à faire grandir vos « Pile à lire » 😉

Sandy

 

 

 

Shutter Island

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« Nous sommes dans les années 50. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique dont les patients tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité. »

Ce roman très bien écrit est déroutant. On vit au rythme du marshal Teddy Daniels et de ses découvertes. Que font-ils réellement dans cet hôpital ? Pourquoi le personnel ne semble-t-il pas vouloir entièrement coopérer avec les deux marshals ? Et plus important encore : Laissera-t-on les deux marshals quitter l’île un jour ? Ce roman est déroutant parce que tout ce qu’on pense savoir cache une réalité plus complexe.

J’ai adoré Shutter Island, apprécier certains personnages et d’autres moins, éprouver de la compassion pour les détenus/patients. Mais surtout j’ai aimé chercher des réponses et me rendre compte que je faisais fausse route.

Marianne.

Shutter Island – Dennis Lahane – Ed. Rivages – Collection Rivages Noir – 2009 – 8€15

Un petit prélude, cela vous tente ?

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Résumé

Il règne sur les coulisses. Elle s’épanouit sous les projecteurs.

Erik « Fish » Fiskare étudie à l’université de Philadelphie pour devenir technicien de théâtre. À vingt-deux ans, il est en couple avec Daisy Bianco, son âme sœur, une magnifique et talentueuse ballerine à l’avenir prometteur. Entre elle et son meilleur ami, le charismatique et passionné William Kaeger, partenaire de danse de Daisy, il trouve enfin son équilibre.

Entourés de leurs amis et mentors, Fish et Daisy construisent au fil du temps leur amour et leur quotidien comme on bâtit une cathédrale.

Mais quand une tragédie touche leur groupe, c’est la cathédrale de leurs vies qui tombe en ruine.

Le jeune machiniste découvre alors que face à l’adversité, l’amour n’est pas toujours suffisant pour vous faire rester. Pourtant, c’est parfois aussi la seule chose qui peut vous faire revenir.

« Il resta assis à l’observer pendant que les molécules de son corps se réagençaient doucement »

Je vais être honnête, je ne sais pas comment commencer, comment exprimer toutes les émotions que j’ai ressenti durant ma lecture de Prélude.

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Bang Bang my baby shot me down

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À Naples, dans le quartier de Forcella, Nicolas Fiorillo a tout de la figure de l’adolescent modèle. Ses parents ont tous les deux un emploi : son père est professeur de sport et sa mère blanchisseuse ; il a une petite amie Letizia et un jeune frère Christian qui l’idolâtre. Il va au lycée et il sèche les cours. Et puis il s’amuse avec une bande de copains qui portent tous un surnom : Briato, Tucano, Paulino, Drago, Lollipop, Oiseau mou, Jveuxdire, Drone, Biscottino et Cerino. Lui se fait appeler le Maharaja.

Nicolas, c’est l’adolescent ordinaire qui fait des tours le soir sur son scooter. Mais à Naples, l’ordinaire n’est pas à portée de main. Dans chaque quartier, sur chaque place, dans tous les immeubles, il y a des « familles » qui contrôlent tout et principalement les trafics de drogue et de racket. Et Nicolas veut lui aussi devenir un « grand », un « respectable ». Lire la suite

« Les Tribulations d’Arthur Mineur », Prix Pulitzer 2018

Votre début d’année vous semble morose ? Le mois de janvier vous déprime ? Voici les mots qui guériront vos maux : Les tribulations d’Arthur Mineur, le dernier roman d’Andrew Sean Greer.

    Arthur Mineur est un écrivain raté. Après avoir vécu dans l’ombre de son premier amour, poète couronné du prestigieux prix Pulitzer, et connu un petit succès avec son premier roman, les échecs se sont enchaînés, jusqu’au dernier, fracassant : Freddy Pelu, l’homme qu’il a fréquenté pendant 9 ans en se convaincant qu’il ne s’est jamais réellement attaché à lui, se marie. Pour échapper au supplice d’assister aux noces, Arthur Mineur parcours sa boite mail, accepte toutes les invitations qu’on lui a proposées, conférences, foires du livre, performances artistiques, et se concocte une tournée mondiale qui lui permettra de déserter San Francisco avant le moment fatidique. Pour faire d’une pierre deux coups, il s’arrange pour fêter son anniversaire loin de chez lui, essayant de fuir aussi ses cinquante ans qui arrivent …

    Du Mexique à l’Inde, en passant par l’Italie, Mulhouse (oui, oui, Mulhouse !) et l’Allemagne, Arthur Mineur court après son bonheur. Impossible de ne pas tomber sous le charme de ce Pierre Richard américain, qui sous ses airs de dandy, se révèle maladroit et touchant, un petit garçon dans un corps d’adulte, qui, approchant la cinquantaine, se pose une myriade de questions existentielle : comment être un bon écrivain ? Peut-il encore écrire le chef d’œuvre qui marquera sa carrière ? Et aussi, après qu’on l’ai accusé à Paris d’être un “mauvais homosexuel”, à quoi ressemble un “bon” homosexuel de cinquante ans ?

    Parcours initiatique d’un homme qui fait le bilan de son demi-siècle, Les Tribulations d’Arthur Mineur est un récit lumineux et savoureux qui vous fera voyager en compagnie de ce personnage atypique, drôle, et finalement pas si raté que ça. Avec une écriture fine et poétique, Andrew Sean Greer raconte une histoire pleine de rebondissements, d’humour et pleine d’une “délicate poésie du désespoir”.

Un roman addictif, à prescrire sans hésiter contre la grisaille hivernale !

Claire

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Les Tribulations d’Arthur Mineur – Éditions Acte Sud/Jacqueline Chambon – 253 pages – 22€

« Carnival of Shadows », R.J. Ellory

« Carnival of Shadows », R.J. Ellory

 

Avec « Carnival of Shadows », R.J. Ellory dresse un portrait vertigineux d’un pan de l’histoire américaine se situant sous l’ère de J. Edgar Hoover Directeur du FBI au lendemain de la deuxième guerre mondiale en plein maccarthysme. 

L’agent spécial Michael Travis, hanté par son enfance marquée par un drame familial, se retrouve promu, et contrairement au protocole habituel, doit se rendre seul dans une petite ville nommée Seneca Falls pour enquêter sur la découverte d’un cadavre retrouvé sous un carrousel d’un « freak show » itinérant.   

Ce jeune agent de 25 ans, hanté par son enfance marquée par un drame familial, toujours maître de soi et de ses actes, s’est enfermé dans une approche purement factuelle de la vie, refoulant sans cesse la peur d’être le fils de son père. Peut-il se définir autrement que par la somme des événements en apparence sans liens les uns avec les autres, mais qui pourtant l’a fait devenir ce qu’il est, qui l’a amené là où il se trouve désormais, au crépuscule de ses idoles ?

La question de la vérité est au centre de ce roman, de cette enquête, une sorte d’allégorie de la caverne moderne. Ellory nous apprend ici que l’accès à la vérité n’est pas sans danger, que le déconditionnement de l’illusion ne peut se faire sans violence.

« There’s always a penalty for knowing the truth. There is always a sacrifice that has to be made. »

 « What life is, and what people are fooled into believing that life is, are not the same thing at all, Agent Travis. »

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« Carnival of Shadows », R. J. Ellory, aux éditions Orion