Qui est prêt à signer le compromis?…

compromis

 

Ne me dites pas « Oh non, pas du théâtre ! »…
Pourquoi le théâtre serait-il un genre (comme la poésie, on y revient…) qui tendrait à n’être que « scolaire » ?…
Le théâtre, messieurs dames, c’est beaucoup de dialogues. Et le dialogue, voyez dans les romans, tout le monde adore ça ! Ça fuse, ça percute, ça fait « vrai ». Le dialogue, c’est des personnages en action, qui parlent. C’est nous tous, en quelques sorte.
Alors foncez, lisez et relisez du théâtre !

Philippe Claudel, auteur prolifique (romans, nouvelles, théâtre, poésie), connu notamment pour ses romans qui découpent au scalpel avec une écriture juste et belle l’âme humaine, ose de nouveau le théâtre. Et c’est par bonheur que j’y adhère…

COMPROMIS. Le titre est alléchant n’est-ce pas ? Et pourquoi ?
Parce que le compromis signifie un arrangement, une convention, à laquelle on adhère après des tensions, des divergences, des idées ou besoins différents.
Et la tension, au théâtre… je dis oui !

Ne faisons-nous pas tous dans la vie des compromis ?
On nous dit par-ci : « dans un couple, tu sais, il faut faire des compromis… »
et par-là : « c’est aussi ça être amis, savoir faire des compromis… »
Des compromis : des concessions, des acceptations de l’autre, même si l’on n’est pas d’accord avec.

Dans cette pièce de théâtre, « compromis » prend deux sens.

Denis, trentenaire et comédien raté, doit vendre son appartement.
Pour cela, il a rendez-vous avec Monsieur Duval pour signer le fameux compromis de vente.
Martin, trentenaire et dramaturge raté, est l’ami de Denis. Denis a besoin de lui, pour être présent lors de la signature du compromis, car selon lui Martin est une personne « rassurante ».
Or il s’avère que l’appartement n’est pas aux normes, que les murs sont plein d’amiante, que la vente est, si ce n’est illégale, traîtresse, puisque Denis ne respecte pas les normes sanitaires et ment à son prochain client…

Martin se trouve face à un choix, et Monsieur Duval va arriver d’un moment à l’autre.
Martin doit-il mentir pour soutenir lui aussi son ami ?
Est-ce que ne rien dire, faire semblant que, c’est aussi mentir ?…
Pour le convaincre d’être de son côté, Denis dit à Martin que Duval est un monstre : il dirige un laboratoire pour des expériences pas très catholiques, notamment en matière d’armement et de tests sur enfants…
Martin s’indigne contre cette ordure de Monsieur Duval, les amis reprennent leur discussion…

Dès le début, on sent la tension, les sous-entendus ironiques sous les phrases complaisantes…

Ces deux amis là s’aiment, mais se critiquent mutuellement, se jalousent. Entre sincérité et mensonge, le vrai est difficile à cerner… Chacun joue un rôle et tente de manipuler l’autre.
Quand Duval débarque, l’ironie devient scène de théâtre dans l’appartement… On ne sait plus qui joue, qui trahit… La situation est de plus en plus loufoque, de plus en plus oppressante et presque angoissante dans ce huis clos…
On rit, on suffoque, on attend que tombent les masques et le rideau pour comprendre.

L’amitié est faite de compromis… mais jusqu’où est-on capable de jouer un jeu ? Jusqu’où peut-on se compromettre ?

A lire absolument : du rire, une intrigue grandissante, une critique sociale… un remède contre la morosité !

Compromis, Philippe Claudel, Stock théâtre, janvier 2019.

Justine M

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