Miroir de nos peines de Pierre Lemaître moi

9782226392077-j

Avec Miroir de nos peines, sorti en janvier aux éditions Albin Michel, Pierre Lemaître termine sa trilogie commencée avec Au-revoir là-haut, lauréat du prix Goncourt 2013. Un dernier volet toujours aussi bien écrit mais dont le scénario manque malheureusement d’originalité.

Je ne connaissais pas Pierre Lemaître avant Au-revoir là-haut que je n’ai lu qu’en 2014 après que mon beau-frère m’ait dit « Tiens, lis ça, c’est génial, pas parce qu’il a eu le Prix Goncourt mais parce que c’est vraiment bien. » Effectivement, j’ai adoré ce livre et cette histoire et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que Pierre Lemaître c’est une très belle écriture. Ensuite, parce que j’affectionne les romans qui ont une base historique et cette période de l’après 1918 a été une découverte pour moi. Enfin parce que ses deux personnages principaux, Edouard Péricourt et Albert Maillard, jeunes soldats rescapés miraculeusement des tranchées (dont l’un, Edouard, revient tout de même avec la « gueule cassée ») sont entiers et montent une arnaque aux monuments aux morts juste impressionnante. Tout était fait dans ce roman pour en faire un succès littéraire. Et ce fut le cas aussi bien pour le public que pour la critique.

Quand le deuxième volet, Couleurs de l’incendie, est sorti en 2018, j’ai bien évidemment couru l’acheter. Le lien avec le premier roman s’est fait naturellement puisqu’il était question cette fois-ci de Madeleine Péricourt, sœur d’Edouard, devant gérer l’entreprise familiale après la mort de son père, à une époque où rien n’était fait pour qu’une femme puisse réussir. Trahie, déchue, ridiculisée, ruinée, elle réussit toutefois à se venger et à reprendre les rênes de sa propre vie. Là-encore, l’écriture de Pierre Lemaître était au service de son intrigue et de ses personnages même si l’on sentait assez vite comment l’histoire allait se terminer, contrairement au premier roman.

Janvier 2020, Miroir de nos peines sort en librairie. Je l’achète et le mets de côté pour plus tard. Je l’ai terminé dimanche matin avec une pointe d’amertume. Alors oui c’est toujours aussi bien écrit. Il faut dire que je venais de refermer un polar d’un auteur reconnu que je n’avais jamais lu et que je ne relirai pas tant son style littéraire (ou bien est-ce celui du traducteur…) laissait à désirer. Bref, j’ouvre Miroir de nos peines et dès les premières lignes, je soupire de soulagement : c’est de la littérature. Mais voilà, ça ne suffit plus. Bien que l’intrigue se déroule durant le début de l’année 1940 au moment de cette « drôle de guerre » et de la débâcle qui s’en suivit pour l’armée française, période historique moins connue que celle de la résistance, bien que Louise (petite fille de la logeuse d’Edouard et Albert dans le premier volet de la trilogie), Gabriel et Raoul, Alice et Fernand soient attachants, bien qu’une fois encore Pierre Lemaître ait rendu son décor aussi réaliste que possible, j’ai bien eu du mal à ne pas me rendre compte assez rapidement que la fin allait être aussi évidente qu’elle en avait l’air. On comprend assez vite que tous ces personnages, indépendants les uns des autres au départ, vont finir par se retrouver avant la fin de l’histoire dans un happy end somme toute prévisible.

Je ressors donc un peu déçue de cette lecture. Le roman, pris individuellement, reste un livre bien écrit mais sans surprise. Le lien avec les deux premiers volets est là mais parce qu’il fallait qu’il soit là alors qu’il n’apporte rien à l’histoire. On peut donc se demander si cette trilogie était bien nécessaire au vu de sa dernière partie décevante.

A lire parce que c’est bien écrit mais pas parce que c’est la suite de la suite d’Au-revoir là-haut. Dommage.

Miroir de nos peines ; Pierre Lemaître ; Albin Michel janvier 2020 ; 22,90 €.

Laurélie

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