Des cendres sont tombées du ciel…

Quoi de mieux qu’une pluie de cendres pour agrémenter ces grisâtres journées de janvier ? Aujourd’hui laissez-moi vous emmener dans l’Indiana. Non pas pour voir Cary Grant assailli par un biplan près d’un arrêt de bus perdu au milieu des champs, mais afin de mettre le cap sur Bloomington pour vous inviter à découvrir le premier volet de l’émouvante l’histoire de Sky Powell et d’Ash Walker.

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Sky et Ash dans la bande-annonce mis en ligne par l’éditeur pour la sortie du roman.

Si les catégories et les petites cases existent, en littérature comme dans la société, c’est précisément pour nous laisser éprouver le doux plaisir de les fouler au pied à la moindre occasion qui se présente. C’est exactement ce que je me suis dit lorsque j’ai pris Ashes falling for the Sky en main au mois de novembre dernier. Comme quoi on peut être un jeune homme de bientôt trente ans et se sentir attiré par un livre dont le public cible est à priori les jeunes filles, entre seize et vingt-trois, ans férues de littérature romantique. En écrivant cela je repense aux sages paroles d’une personne de ma connaissance il n’y a pas si longtemps : « Aucun genre ne devrait être méprisé, par qui que ce soit »

Bon il est vrai que je dois confesser avoir pris ce livre entre mes mains, en premier lieu, parce qu’il y avait l’illustration d’un joli garçon ténébreux (Par les Neuf ! On dirait qu’une adolescente fan de Black Veil Brides et de Tokyo Ghoul a écrit ça…) sur la couverture. Quoi ? On l’a tous fait, bon d’accord peut-être pas ! Et puis après tout on peut bien être un râleur grincheux et avoir un cœur de lycéenne (parfois). Néanmoins, de quoi parle notre histoire ? Voici le résumé proposé par l’éditeur sur la quatrième de couverture :

« Il n’est qu’une pluie de cendres. Elle s’est noyée dans un ciel trop vaste. Lors de la soirée de pré-rentrée à l’université, Sky, décidée à laisser ses démons derrière elle, jette son dévolu sur Ash. Prête à assumer cette aventure d’un soir, elle ignore les avertissements de sa colocataire et se lance dans le jeu de la séduction, mais perd lamentablement la partie. Elle fait fuir Ash, non sans avoir entrevu ses blessures. La part d’ombre d’un jeune homme qui a tout connu, même le pire. Surtout le pire…»

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La duologie d’Alison Goodman qui me marqua : les aventures d’Eona

L’histoire se déroule au cœur d’une mythologie mi-japonaise mi-chinoise, le tout dans un univers fantastique. Elle commence la veille d’une grande cérémonie traditionnelle au cours de laquelle les Yeux de dragons, guerriers choisis par un dragon pour protéger l’Empire, devront choisir leur nouveau disciple. Cet événement ne concerne que les hommes, les femmes y étant interdites parce que considérées comme inférieures. Pourtant, le jeune Eon n’est pas ce que lui et son maître prétendent : son prénom est Eona et il s’agit d’une jeune femme de seize ans aux problèmes de santé. Surnommée « l’estropié », c’est contre toute attente qu’elle va être choisie par le Dragon Miroir lors de la cérémonie, dragon qui ne s’était pas manifesté depuis fort longtemps. Commence alors pour Eona une aventure où s’entrecroisent l’amitié et la trahison, l’amour et la mort.

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Le monde d’hier…

«Partout s’ouvraient de nouveaux théâtres, de nouvelles bibliothèques, de nouveaux musées. […] Partout on allait de l’avant. […] qu’est-ce qui aurait bien pu interrompre cette ascension, entraver cet essor qui tirait sans cesse de nouvelles forces de son propre élan ? Jamais l’Europe n’avait été plus puissante, plus riche, plus belle, jamais elle n’avait cru plus intimement à un avenir encore meilleur.»

Stefan Zweig, Die Welt von Gestern. Erinnerungen eines Europäers (1943)
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Soldats français surveillant des prisonniers allemands, près de Verdun en 1917.

11 novembre 1918, onze heures du matin ce jour là c’est le silence, l’armistice est signé. Clairons et cloches sonnent le cessez-le-feu. Le soldat canadien George L. Price vient d’être tué. C’est le dernier mort de la guerre. De 1914 à 1918 près de quatre-vingt millions d’êtres humains ont été plongés dans la guerre. Dix millions sont morts fauchés par les balles, déchiquetés par les obus, brûlés, affamés, dévorés par les poux, les rats, tués par les épidémies nées de la misère. Vingt millions ont été blessés. Quelle démence s’est emparée des Autrichiens, des Serbes, des Russes, des Allemands, des Français avec leur colonies, des Anglais avec leur Empire, des Italiens, des Japonais, des Turcs, des Américains… Ils ont de la chance ceux qui s’en sortent vivants mais ils ont perdu leur jeunesse ou leur visage ou leur raison. Comment le monde a-t-il déchaîné une telle furie ? Quoi de mieux que cette journée de novembre commémorant le centième anniversaire de la fin de cet enfer pour évoquer le dernier roman de David Diop ; l’histoire de la descente dans la folie d’un tirailleurs sénégalais de vingt-ans.

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David Diop

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Le coup de cœur de Léa : « Les ignorants, récit d’une initiation croisée »

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Les ignorants, c’est le nom que se donnent deux amis d’horizons très différents, un auteur-illustrateur et un viticulteur : Etienne Davodeau cherche à comprendre « ce qui relie un type à sa vigne » ; Richard Leroy, vigneron de l’Anjou, ne connaît rien à la BD. Etienne est admiratif face à « la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents » ; Richard s’émerveille devant les coups de crayon de son ami. Lire la suite

La Horde du Contrevent – Alain Damasio

Avez-vous déjà remarqué à quel point la science-fiction pouvait être dénigrée ? N’avez-vous jamais eu l’impression que le rayon SF était toujours très étroit ? Croyez-vous que la science-fiction ne peut pas être à la hauteur de la grande littérature si mondialement reconnue ? Si vous pensez que c’est impossible, laissez-moi vous présenter La Horde du Contrevent de Damasio, un véritable chef-d’œuvre de la littérature de l’imaginaire qui surpasse de loin nos préjugés sur la science-fiction.

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«POULES, RENARDS, VIPÈRES : ALBIN», PAUL IVOIRE, ILLUSTRATIONS MISS PATY, POULPE FICTIONS, 2017

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Coup de cœur de Lamia:

Qui n’a pas joué à ce fameux jeu dans la cour de récréation ou dans un centre de loisirs ? Peut être bien que vos enfants le feront ou le font déjà. Le but du jeu : trois équipes (les poules, les renards et les vipères) se combattent. Ainsi, les poules attaquent les vipères qui mangent les renards et enfin les renards croquent les poules.

Ce livre est très justement écrit sur les bases de ce jeu. Cependant, le personnage principal, Albin, un jeune poussin, décide de changer le cours des choses. Et si finalement, ces différents peuples n’étaient pas obligés de se faire la guerre.

Chaque animal vit dans un pays sur la même île. On observe rapidement une hiérarchisation au sein d’un même cercle d’animaux comme dans une civilisation humaine. En commençant par le chef, les militaires, les familles plus ou moins riches, jusqu’aux institutions scolaires et familiales.

C’est roman d’aventure qui parle d’une amitié naissante entre trois personnages dont le destin les éloignait et qui malgré tout se sont attachés. A travers des péripéties rocambolesques avec Zora, la renarde, Célis, le vipereau et Albin, le poussin, qui traversent les différentes contrées pour changer la fin de l’histoire.

Y arriveront ils ? Le tome 2 sera disponible au mois de février, en attendant voyagez avec nos amis.

 

POULES, RENARDS, VIPÈRES : ALBIN, PAUL IVOIRE, ILLUSTRATIONS MISS PATY, POULPE FICTIONS, 9,95€

Ce roman qui a fait battre mon cœur, un peu plus vite, un peu plus fort

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Le coup de cœur de Léa :

N’avez-vous jamais eu envie de partir loin, très loin, de tout quitter, tout oublier et vous réinventer, ailleurs ?

Nadia a 17 ans lorsque se produisent les événements qui vont bouleverser son existence : sa mère s’est donnée la mort ; abandonnés à leurs questions, avec le vide et le silence pour seules réponses, père et fille tentent de continuer à vivre. Lui en s’enfonçant peu à peu dans la solitude, elle en cherchant à s’entourer de personnes de confiance. Quelques mois plus tard, Nadia apprend qu’elle est enceinte. Elle décide d’avorter, mais au sein de la petite communauté noire de Californie dans laquelle elle vit, tout finit toujours par se savoir, et les principes religieux régissent la vie des habitants d’Oceanside : si les relations amoureuses entre jeunes gens ne sont pas toujours bien perçues, l’avortement est un sujet tabou et un acte condamné. Pour échapper à ses traumatismes et fuir les rumeurs, Nadia quitte sa banlieue de San Diego et son père, qui n’est plus que l’ombre de lui-même. Elle poursuit des études de droit dans de prestigieuses universités, voyage et découvre le monde, enchaîne les conquêtes… Tandis que son amie Aubrey et son ancien amant Luke restent à Oceanside. Le retour forcé de Nadia dans sa ville d’origine bouleverse la relation des trois protagonistes : amour et amitié se retrouvent violemment confrontés au poids des secrets, et même si elle a tenté d’y échapper, le passé de Nadia finit par la rattraper…

Ce roman m’a touchée par la force de son écriture. Il m’a émue par la justesse de ses personnages, cruels et sensibles, que l’on suit sur une dizaine d’années. Il m’a bouleversée par son sujet, le silence qui règne encore trop souvent autour de l’avortement : la douloureuse solitude dans laquelle la femme peut se retrouver, la souffrance silencieuse et souvent ignorée de ces hommes qui se sentent pères mais dont l’enfant n’a pas vu le jour.

« Le cœur battant de nos mères », Brit Benett, éditions Autrement, août 2017, 368 pages, 20€90.

 

« Tortues à l’infini », John Green, Gallimard Jeunesse :

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Le coup de cœur de Lamia:

Une grande partie des gens ont ce qu’on appelle TOC ou TIC. Ces moments où l’ont se ronge les ongles, vérifie plusieurs fois que la porte est bien fermée à clé ou même si on a ses clés.

Mais ceux-ci ne sont rien par rapport à Aza Holmes qui elle, vit jour après jour avec une angoisse, celle de tomber malade, elle vérifie en continu les sites internet qui pourraient assimiler ses symptômes à une quelconque maladie qui la tuera. Aza ou Holminette, comme ses amis aiment l’appeler, est une jeune lycéenne qui vit différemment de ces autres adolescents. Lire la suite