Le livre de Perle

Le livre de Perle

À la recherche d’un livre jeunesse pour mon article d’aujourd’hui, je me souvenais avoir beaucoup aimé Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle. Son dernier album Capitaine Rosalie, magnifiquement illustré par Isabelle Arsenault, m’avait également bouleversé. Aussi, lorsque je vis parmi les livres du rayon Le livre de Perle, je n’ai pas eu l’ombre d’une hésitation. Et une fois encore, j’ai été envoûtée !

Dans un royaume lointain où règne la magie vivait un prince éperdument amoureux d’une fée. Traqué par son frère aîné, jaloux et avide de pouvoir, le voilà banni et condamné à l’exil dans un autre monde. « Il est dans le seul temps, sur la seule terre où on ne croit ni aux contes ni aux fées ».

Dans notre monde, des années plus tard, un garçon de 14 ans, le cœur brisé par un chagrin d’amour, se perdait dans la nuit en forêt. Sur le point de se noyer dans la rivière, il est secouru par un homme mystérieux vivant retiré au milieu des bois. Il empile des valises jusqu’au plafond, pleines d’objets et de secrets venus d’ailleurs.

Enfin Paris, 1936. Un jeune homme, sans passé ni souvenir, à l’accent indéfinissable, recueilli une nuit d’orage par un couple de marchands de guimauves, empruntait le nom de Joshua Perle, celui de leur fils disparu. Il lui faut survivre à la Seconde Guerre mondiale.

Le récit est tissé avec minutie et oscille d’un univers à l’autre. Le premier, un monde parallèle, est peuplé de rois devenus cruels, de fées prêtes à renoncer à leurs pouvoirs par amour, et de vieux génies dont on cherche désespérément à briser les terribles sortilèges. Le second, le monde bien réel, traverse la Seconde Guerre mondiale, les camps de prisonniers, les rafles, la Résistance, et nous mène jusqu’à nos jours. Au fil du livre, les destins se croisent, le labyrinthe des souvenirs se défait lentement et les fragments de vie s’imbriquent peu à peu pour lever le mystère.

Le lecteur avance dans un monde en équilibre entre le merveilleux et le réel. Il voyage dans le temps, entre passé et présent. Il frôle le royaume de la magie, se surprend à rêver et à croire. Car comment ne pas croire à la féerie lorsque tant d’indices (vous les découvrirez dans le livre) se révèlent à qui les cherche et sait les reconnaître ? Une ode à l’imaginaire, une quête, une grande aventure et une belle histoire d’amour font de ce livre un petit bijou. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore lu, il est à découvrir absolument !

Céline.

Le livre de Perle | Timothée de Fombelle | Éditions Gallimard Jeunesse, Collection Pôle fiction | 2017 | 336 pages| ISBN 9782070585540 | Prix :6,70 €

– à partir de 13 ans – Pépite du roman européen 2014 – Prix de la Foire de Brive 2015.

 

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Le cycle de Syffe, Tome 1, Patrick K. Dewdney

Depuis le temps que L’enfant de poussière m’appelait, que je le regardais, que je l’attrapais pour lire le résumé pour le feuilleter, je me suis enfin décidée de sauter à pieds joints dans ce magnifique roman de fantasy de seulement 619 pages il y a environ une semaine. Je dis sauter à pieds joints car malgré le résumé et les avis présentés en quatrième de couverture, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je peux vous dire que je n’ai absolument pas été déçue et que je n’ai maintenant qu’une hâte : dévorer le tome 2 sans attendre !

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L’histoire

Syffe est un orphelin de huit ans et vit en compagnie de Cardou, Merle et Brindille dont il est amoureux à la ferme Tarron à l’extérieur de la ville de Corne-Brune. Pour survivre, il offre ses services sur le port contre une piécette avec laquelle il espère pouvoir se payer à manger. Au tout début du roman, il semble heureux, malgré les difficultés de la vie qu’il est obligé de mener. Pourtant, la jalousie va venir s’immiscer entre lui et ses amis ce qui bousculera sa vie à jamais. Syffe, par amour pour Brindille qu’il voit se rapprocher dangereusement de Cardou, commence à voler pour plaire à l’élue de son cœur sans se préoccuper des conséquences de ses actes jusqu’à ce que la justice lui tombe dessus par l’intermédiaire du personnage de Hesse, première-lame du primat de Corne-Brune.

A partir de cet instant, où Syffe croit qu’il va mourir tant la mauvaise réputation de Hesse est connue, les événements s’enchaînent et j’ai suivi les aventures de ce jeune orphelin au rythme effréné dont il mène sa vie : espion, apprenti-chirurgien, sorcier et meurtrier pour certains puis enfant-soldat, jamais Syffe ne semble avoir de répit et est souvent forcé de fuir.

Un roman épique

Au fur et à mesure, L’enfant de poussière devient quasiment un roman épique d’une extrême intensité dans un monde changeant et on oublie souvent que Syffe n’est encore qu’un enfant même si plusieurs années s’écoulent au fil des pages.

« Pris dans le tourbillon des semaines rouges, et même avant, j’avais eu l’impression de sombrer. Il s’agissait en fait de l’inverse. Une montée, un crescendo grinçant, la pénible maturation d’une blessure suppurante, amorcée depuis le premier jour lorsque j’avais endossé les mailles d’un homme mort. (…) Et c’est alors qu’un soir, de manière inattendue, tout cela culmina en un pic de folie, et que l’abcès finit par éclater. » (p.393)

« Un grand cri monta de nos rangs, je me surpris à hurler moi aussi, puis la réponse vint de la ligne devant nous. Je ne la voyais pas, je ne voyais rien, j’entendais seulement, mille voix tonitruantes, qui crachaient sur nous leur haine et leur frayeur. J’eus le temps de me demander brièvement ce que je foutais là, puis nous percutâmes le front collinnais avec fracas. D’autres hurlements moins glorieux suivirent juste après. Près de moi, le mercenaire aux joues fendues sanglotait doucement. Ses braies fumaient, parce qu’il s’était fait dessus. Comme beaucoup ici, c’était son premier combat. Je reniflai, arc-bouté contre le dos du vougier de Vaux enragé qui beuglait des insultes à tue-tête. » (p.545)

Un roman sur la tolérance

Lorsque Syffe devient enfant-soldat, son monde est en train de changer en profondeur et la paix fragile durant laquelle il est né est en train de s’effondrer. La colère monte dans les rues de Corne-Brune et d’ailleurs, les familles de la Haute dénonce les « teintés », ceux des clans, et ont toujours voué une haine aux homosexuels. En grandissant, Syffe, lui-même teinté, découvrira le racisme mais apprendra aussi à respecter la liberté de chacun.

« ‘A Carme’, me dit-il sur le ton de la discussion, ‘les phalangistes ont le devoir d’aimer d’autres hommes. Leurs généraux pensent qu’un soldat se battra plus férocement pour défendre celui qu’il aime. Là-bas, les femmes sont des matrices et rien de plus. Nous, nous pensons que chacun devrait être libre de ses préférences.’ J’ai pris à cœur ces paroles et, lorsque la bizarrerie initiale m’eut quitté, je les méditai souvent pour leur justesse. » (p.499)

Foncez !

L’enfant de poussière est un roman à lire absolument pour la force de l’écriture et de l’histoire qui entraîne jusqu’à la dernière page. Il a été récompensé par le prix Julia Verlanger 2018 et la Pépite Roman 2018 au Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis. Patrick K. Dewdney met en place un monde complexe peuplé de personnages attachants ou détestables, mystérieux aussi. Syffe fait naturellement partie des personnages attachants : parfois naïf et d’autres fois mature, encore enfant mais pourtant déjà adulte, qui prend son destin à pleine main pour rester vivant quoi qu’il arrive.

Alors n’hésitez plus, courrez chez votre libraire pour cette belle découverte ! Et si vous souhaitez rencontrer Patrick K. Dewdney, il sera aux Imaginales du 23 au 26 mai prochain à Epinal (88).

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L’enfant de poussière, Patrick K. Dewdney, Au diable vauvert, mai 2018, ISBN 9791030701210, 23€, 619 pages – tome 1 de la saga de fantasy historique Le cycle de Syffe

La peste et la vigne, Patrick K. Dewdney, Au diable vauvert, septembre 2018, ISBN 9791030702125, 23€, 598 pages – tome 2 de la saga de fantasy historique Le cycle de Syffe

Petit mot de la fin : Au moment où j’ai rédigé cet article, je n’avais pas encore commencé le tome 2. Aujourd’hui, c’est chose faite et même si je ne l’ai pas encore terminé, je peux vous dire que la suite des aventures de Syffe m’a conquise dès les premières pages, toujours aussi prenantes et pleines de suspense.

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Le tour du monde du roi Zibeline

Tour du monde du roi ZibelineVous aimez les romans d’aventures sur fond historique ? Les fabuleux récits de voyage des grands navigateurs du XVIIIe siècle, à l’époque de Bougainville ou James Cook ? Alors ce livre vous plaira.

Avec Le Tour du Monde du roi Zibeline, Jean-Christophe Rufin nous invite, au siècle des Lumières, à découvrir un explorateur tombé dans l’oubli, du moins en France, au destin pourtant surprenant et incroyable : le Comte Auguste Benjowski. Aristocrate d’origine hongroise, élevé par un précepteur français qui lui enseigne les idées de Voltaire et Rousseau, Auguste a été tour à tour officier dans la guerre de Sept Ans, colonel de la confédération de Barr en Pologne contre la Russie, fait prisonnier puis exilé au Kamtchatka en Sibérie, puis navigateur avant de devenir roi de Madagascar. Quelle vie ! Quel destin !

Le roman commence par la fin. Nous sommes en 1784, à Philadelphie dans la demeure de Benjamin Franklin. Les États-Unis sont reconnus pays indépendant depuis peu, faisant de l’Amérique la première nation décolonisée du monde. Homme politique et intellectuel très en vue, incarnant les valeurs humanistes des Lumières, Benjamin Franklin, père fondateur des États-Unis, est un vieil homme, souffrant de rhumatisme. Il est de retour à Philadelphie après huit années passées en France en tant qu’ambassadeur, où il a appelé les Français à soutenir les Américains dans leur guerre d’Indépendance. Ce jour-là, il accepte de recevoir un couple singulier, venu de Paris, et qui l’intrigue : le Comte Auguste Benjowski, qui se prétend roi de Madagascar, et sa compagne, la belle et très élégante Aphanasie. Ils sont venus lui demander d’intervenir afin de faire de l’île un pays souverain et indépendant sur le modèle de la constitution américaine. Auguste ne veut pas coloniser Madagascar, mais son indépendance ! À tour de rôle, Auguste et Aphanasie font le récit passionnant de leur histoire.

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Laissez-vous emballer par La Valise !

« Le Dux a ordonné la traque des briseurs de murs, les Ombres sont partout et la Vigie quadrille la Cité. La Passeuse et sa valise sont notre seule issue. »

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La Valise, publiée en janvier dernier aux Éditions AKILÉOS, est l’œuvre de trois jeunes auteurs français très prometteurs à savoir Gabriel Amalric, Morganne Schmitt Giordano et Diane Ranville.

I. Le mur est notre bouclier :

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Page 26 : Archibald Léonard, Dux de la Cité.

Le mal connu sous le nom de Grand Fléau a pu être vaincu par l’érection d’un mur ceinturant la Cité. Ayant finalement prélevée son tribut après des centaines de milliers de morts, l’épidémie s’est éteinte. Mais celui que l’on nomme dorénavant le Dux tient entre ses mains la Cité et l’ensemble de ses habitants. Appuyé par des lois oppressives et une police secrète impitoyable, Archibald Léonard semble bien décidé à ne pas cèder une once de son pouvoir. La ville est ainsi devenue un microcosme tyrannique dont personne ne sort et où toute voix discordante est vouée à disparaitre manu militari. Dans cette situation la lutte des briseurs de murs de l’Extra-Muros semble vouée à l’échec, cependant c’était sans compter sur la Passeuse et de sa mystérieuse valise…

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Pages  8 et 9 : La Valise de Cléophée semble refermer de biens prodigieux secrets.

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«WATERSHIP DOWN», Richard Adams – Monsieur Toussaint Louverture

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« Hazel ! C’est d’ici que ça vient ! Je le sais maintenant…Une chose terrible ! Une catastrophe approche… »

Fyveer et Hazel vivent en communauté, entourés d’autres congénères. A quoi occupent ils leurs journées ?  Ils cherchent à manger, se dégourdissent les pattes, découvrent les plaines…  Fyveer a toujours eu des dons de prémonition. Un jour, il fait comprendre à son frère qu’un grand danger menace et qu’il faut partir. Lire la suite

La Horde du Contrevent – Alain Damasio

Avez-vous déjà remarqué à quel point la science-fiction pouvait être dénigrée ? N’avez-vous jamais eu l’impression que le rayon SF était toujours très étroit ? Croyez-vous que la science-fiction ne peut pas être à la hauteur de la grande littérature si mondialement reconnue ? Si vous pensez que c’est impossible, laissez-moi vous présenter La Horde du Contrevent de Damasio, un véritable chef-d’œuvre de la littérature de l’imaginaire qui surpasse de loin nos préjugés sur la science-fiction.

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« Les trois vies d’Antoine Anacharsis », Alex Cousseau, Editions du Rouergue

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Le coup de cœur d’Emma : Une aventure poétique sur fond de roman historique, trois vies en une que l’auteur Alex Cousseau nous conte de son écriture magique qui invite si bien au rêve.

« Partout où nous allons, nous emportons nos histoires. Timpoochee dit que chaque histoire est un être vivant, et que nos rêves forment un peuple. »

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«POULES, RENARDS, VIPÈRES : ZORA», PAUL IVOIRE, ILLUSTRATIONS MISS PATY, POULPE FICTIONS, 2018

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Le coup de cœur de Lamia : « Poules, renards, vipères : Zora » de Paul Ivoire, illustré par Miss Paty chez Poulpe Fictions

Les jeux sont faits, le deuxième tome est enfin sorti. Alors que les choses changent dans la contrée des trois amis. Les différents peuples apprennent qu’ils sont en danger pour cause de catastrophe naturelle.

Comment vont il faire pour sauver leur peuple ? Albin, Zora et Célis montent un plan extraordinaire.

Ce tome deux, grâce à la continuité du récit, offre à la narration une nouvelle vision de l’histoire. Peu à peu, on se retrouve à éprouver une volonté d’aider les trois personnages principaux ainsi que leurs nouveaux amis.

Leur aventure est haletante, merveilleuse et géniale avec une intrigue d’un roman de guerre. La guerre est déclarée entre les gentils et les méchants.

 

Qui va gagner cette partie ?

 

La fin arrive tout bientôt avec Célis, en mai 2018

 

 

« Poules, renards, vipères : Zora » de Paul Ivoire, illustré par Miss Paty chez Poulpe Fictions, 9,95€