« Elfes », mon retour vers la bande dessinée plus « classique ».

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Les trois premiers tomes de la série.

Qui, dans le monde de la bande-dessinée, n’a pas entendu parler de la série Elfes ? Aussi étonnant que cela puisse paraître pour quelqu’un comme moi, qui suis lectrice de mangas et bandes dessinées, je ne connaissais pas. Et pour une raison très simple : entre les études et les activités tierces, les tracas du quotidien et j’en passe, on finit par faire des choix de lectures, parfois de manière inconsciente. C’est ainsi que j’ai arrêté de lire des bandes-dessinées. Lire la suite

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Goupil ou face… ou comment apprivoiser sa cyclothymie

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Goupil ou face, paru aux éditions Vraoum en 2016, ce n’est ni plus ni moins que la vie très mouvementée de son auteure, Lou Lubie. Ou, pour être plus précise, l’histoire de sa vie influencée par un mal encore très méconnu, la bipolarité.

Aux allures enfantines et légères, cette bande-dessiné autobiographique risque d’en surprendre plus d’un, de par sa justesse et sa maturité au regard du thème abordé :

L’histoire commence en nous dépeignant la jeune Lou, en proie à des émotions et des états d’esprit pour le moins intenses. Diagnostiquée dépressive, et persuadée de l’être, Lou décide tant bien que mal de poursuivre ses rêves et sa vie en tentant de se soigner. Vainement. Puisqu’en effet, après bien des années passées à faire des rechutes, notre héroïne se décide à retourner voir une psychologue. Celle-ci, contre toute attente, ne lui dépeint pas son mal comme une dépression mais comme un trouble de l’humeur, autrement dit une bipolarité instable. C’est alors que la vie de Lou bascule. Elle, bipolaire ? Cherchant dans un premier temps à écarter cette éventualité, elle sera très vite rattrapée par sa maladie. Et cherchera alors, bien obligée, à l’apprivoiser.

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Ce récit, porté par une dessinatrice déjà plébiscitée par le public à travers blogs et forums, réussit à sensibiliser son public grâce à divers procédés. Dans un premier temps, le dessin. Simple, sobre, efficace. Mais aussi sensible. Il s’agit là d’une manière claire mais aussi tendre de représenter à un large lectorat un sujet encore tabou, celui des maladies mentales. Ainsi, Lou Lubie parvient, à travers ses personnages, à nous représenter jusqu’à la bipolarité elle-même, sous les traits d’un renard… Cette personnification s’avérera d’autant plus efficace car accompagnée de schémas simples, permettant d’ajouter au témoignage une touche d’authenticité scientifique.

Dans un second temps, et il s’agit là de l’un des points forts de cet ouvrage, c’est le regard porté sur la maladie qui est très vite dégagé et approfondi. Puisque si le récit débute en nous rendant témoins de l’évolution de l’auteure vis à vis de sa maladie, c’est ensuite son rapport à la société, et le rapport de la société à sa bipolarité qui va être abordé. Cette structure de l’histoire en deux temps nous permet alors d’appréhender la vision de Lou Lubie. Elle se veut à la fois sincère, tendre, mais aussi sans apitoiement. Et il s’agit là d’une grande force : Abordant le thème avec humour tout en énonçant méthodiquement, presque médicalement, les tenants et les aboutissants de sa cyclothymie, l’auteure parvient à garder son lectorat dans une optique de divertissement tout en évoquant sérieusement la question de la bipolarité et des problématiques qu’elle engendre.

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Ainsi, Lou Lubie parvient à créer un récit sensible, loin d’être dans une optique de faire prendre conscience à son public qu’il est lui aussi concerné par ces troubles. Sa bande-dessiné, au delà de cet état d’esprit, se place dans le monde littéraire comme un éveil à des questions jusqu’ici peu abordées, encore méconnues du grand public alors qu’essentielles. Et si il s’agit là d’un pari risqué, Lou le relève avec brio grâce à un style fin, authentique, et à une écriture subtile jouant habilement sur les mots. Comme nous le révèle d’ailleurs le titre…

Un défi relevé haut-la-main, qui vous fera passer un bon moment – car, au delà de la dimension scientifique, ce livre est aussi très amusant par bien des aspects ! Et que je vous recommande chaleureusement, que vous soyez sensibles à la question ou non.

Noémie

Le coup de cœur de Léa : « Les ignorants, récit d’une initiation croisée »

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Les ignorants, c’est le nom que se donnent deux amis d’horizons très différents, un auteur-illustrateur et un viticulteur : Etienne Davodeau cherche à comprendre « ce qui relie un type à sa vigne » ; Richard Leroy, vigneron de l’Anjou, ne connaît rien à la BD. Etienne est admiratif face à « la singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents » ; Richard s’émerveille devant les coups de crayon de son ami. Lire la suite

L’Origine du monde, une BD de Liv Strömquist

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L’Origine du monde, c’est bien entendu une allusion au célèbre tableau de Courbet. Le peintre avait eu l’audace de représenter de manière réaliste et détaillée un sexe féminin: quel choc pour la société de la seconde moitié du XIX° siècle ! Le tableau, utilisé par la suite pour des couvertures de livres (un véritable scandale dans les années 1990), n’a jamais cessé de faire parler de lui.

Dans la continuité de ces polémiques, scandales et débats autour de la représentation du sexe féminin, Liv Strömquist s’interroge… Lire la suite

BD – La tristesse de l’éléphant, Nina Jacqmin et Nicolas Antona – Les Enfants Rouges

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Le dessin de Nina Jacqmin, tout en crayonné, qu’il soit en noir et blanc ou en couleur nous transporte. Les sentiments transmis par cette histoire nous bouleversent.

Louis, orphelin placé dans un institut jésuite puis en orphelinat, est l’exemple type du jeune garçon un peu enveloppé servant de bouc émissaire de ses « camarades ». Son univers s’éclaire dès lors qu’il va au cirque et c’est là qu’il la rencontre…
Elle, la jeune dresseuse de l’éléphant surnommé Pégase, c’est Clara, la fille du responsable du cirque. Les deux enfants vont garder contact, s’écrire, se revoir à chaque retour du cirque dans la ville. Louis fera d’elle sa raison de vivre, allant jusqu’à refuser d’être adopté pour continuer à la voir.
Le reste de cette histoire que je vous laisse découvrir, c’est tout simplement la vie, avec ces hauts ses bas, ses joies ses peines et  comme quelqu’un l’a dit un jour à Louis :

«La vie c’est des étapes, la plus douce c’est l’amour, la plus dure c’est la séparation. La plus pénible c’est les adieux, la plus belle c’est les retrouvailles.»

Un petit bijou qui doit désormais figurer dans votre bibliothèque personnelle !

17 euros  – 9782354190828 – disponible à la librairie Bisey Mulhouse

Fabien